Pendant ce dialogue, Olivier regardait tour à tour Fagin et Sikes d'un oeil égaré, et comme s'il avait à peine conscience de ce qui se passait autour de lui; mais aux derniers mots de Guillaume Sikes il se releva subitement, et s'élança, tout effaré, hors de la chambre, en criant au secours, de manière à réveiller tous les échos de la vieille maison délabrée.
«Ne laisse pas sortir ton chien, Guillaume! s'écria Nancy en se précipitant vers la porte et en la fermant sur le juif et ses deux élèves, qui s'étaient élancés à la poursuite d'Olivier. Ne laisse pas sortir ton chien; il mettrait cet enfant en pièces.
- Ce serait bien fait! dit Sikes en se débattant pour se dégager de l'étreinte de la jeune fille. Lâche-moi, ou je te brise la tête contre le mur.
- Ça m'est égal, Guillaume, ça m'est égal, criait la jeune fille en luttant énergiquement contre cet homme; l'enfant ne sera pas déchiré par le chien, ou tu me tueras la première.
- Tu vas voir! dit Sikes en grinçant des dents. Ôte-toi de là, ou ce sera l'affaire d'un instant.»
Le brigand lança la jeune fille à l'autre bout de la chambre… juste au moment où le juif et ses deux élèves rentraient, ramenant Olivier après eux.
«Eh bien! qu'est-ce? dit le juif.
- Je crois que cette fille est devenue folle, répondit Sikes d'un air farouche.
«Non, je ne suis pas folle, dit Nancy pâle et haletante. Je ne suis pas folle, Fagin, soyez-en sûr.
- Eh bien alors, taisez-vous! dit le juif d'un air menaçant.