—Je ne vois pas pourquoi je plaisanterais, dit le juif haussant les épaules. Venez avec moi à la porte, que je vous dise un mot en particulier.
—Ce n'est pas nécessaire de nous déranger, dit Noé allongeant ses jambes de nouveau; vous pouvez me dire cela, tandis qu'elle va porter les paquets en haut. Charlotte! vois un peu à ce que ces paquets soient placés dans la chambre où nous devons coucher.
Charlotte se mit en devoir d'obéir, et Noé tint la porte ouverte pour lui faciliter le passage et pour la voir sortir; après quoi il vint se rasseoir.
—Comme je vous la fais marcher, hein! dit-il du ton d'un directeur de ménagerie qui aurait apprivoisé une bête féroce.
—A merveille! dit Fagin lui donnant un petit coup sur l'épaule; vous êtes un génie, mon cher!
—C'est bien pour cela que je suis venu à Londres, reprit Noé. Mais nous ferons bien de ne pas perdre notre temps, car elle ne va pas tarder à revenir.
—Vous avez raison, au fait, dit le juif. Eh bien! voyons, si mon ami vous plaît, pensez-vous que vous puissiez mieux faire que de vous associer avec lui?
—Fait-il de bonnes affaires? . . . c'est là le grand point! demanda Noé en clignant ses petits yeux.
—Il en fait d'excellentes, répondit le juif; il occupe une foule de mains, et il a à son service les travailleurs les plus habiles et les plus distingués de la profession.
—Comme qui dirait alors des ouvriers bourgeois? demanda le sieur Claypole.