Le 23, les Allemands font leur entrée à Kiev, et annoncent au monde que la capitale de l’Ukraine a été délivrée par des troupes saxonnes.
Peu à peu le calme renaît et la vie normale reprend son cours.
Quelques jours après, le Cabinet Gouloubovitch revenait à Kiev et faisait publier une note pour manifester son étonnement d’apprendre que les autorités consulaires alliées ont quitté Kiev, les Allemands y étant venus comme amis de l’Ukraine et non en vainqueurs.
Coup d’Etat des Allemands
Ces amis ne tardent pas à susciter la colère et la haine du peuple, par leur brutalité et leurs dépravations.
Le 29 avril, les Allemands mécontents de l’opposition acharnée des Ukrainiens, dispersent la Rada centrale par la force des baïonnettes, emprisonnent quelques-uns de ses membres et mettent à la tête du Gouvernement ukrainien le général russe Skoropadsky, beau-frère du feld-maréchal allemand Eichorn, tué quelques semaines plus tard à Kiev d’un coup de grenade. Aussitôt, s’appuyant d’une part, sur les Allemands, d’autre part, sur la bourgeoisie et l’aristocratie russes et polonaises, il prend le titre de Hetman, forme un gouvernement réactionnaire, et démobilise les troupes ukrainiennes. Il reçoit l’autorisation de former une armée qui ne dépassera pas 10.000 hommes.
Le gouvernement du Hetman Skoropadsky
Ce coup d’Etat que la population de Kiev et même les chefs des partis politiques avaient été loin de soupçonner, intronise par un procédé arbitraire et tout artificiel un pouvoir qui ne répond en rien aux exigences démocratiques de l’époque et de ce fait ne trouve aucun appui dans le peuple. Il est évident pour tout le monde que le Hetman n’est qu’une créature des milieux réactionnaires allemands, car la personnalité de Skoropadsky a été jusqu’à cette époque tellement indécise et même inconnue, qu’aucun parti politique ukrainien, sans excepter les groupes modérés, ne croit possible de faire partie du Gouvernement formé par le Hetman. Tous les pourparlers conduits à cet effet par son entourage, avec les Chefs des partis ukrainiens, de même que tous les efforts tentés par M. P. Vassilenko, cadet russe, et par les représentants du haut commandement allemand, restent vains.