«Byzance, au XIVe siècle, appela Russie mineure les provinces de Kiev, Tchernigov, Volhynie, Podolie, Poltava et la Galicie pour distinguer ce territoire de celui de la Russie majeure».

«Au XIIIe siècle, s’écroule l’édifice majestueux de la Russie kievienne..., mais à vrai dire ce ne sont pas seulement les Tartares qui furent la cause de la ruine du pays: les tendances séparatistes des contrées qui composaient la principauté de Kiev y furent pour beaucoup

«Pendant que la Grande-Russie, sous la ferme direction de ses princes, s’acheminait vers un avenir glorieux, la Russie méridionale cessait d’exister politiquement

«Le peuple Ukrainien sortit de la tête d’un écrivain polonais, le comte Potocki, en 1795

Ces citations pourraient être continuées. Mais, puisées dans une seule des multiples brochures écrites contre l’Ukraine et les Ukrainiens, celles-là suffisent pour montrer quelles difficultés ont à vaincre les adversaires de l’Ukraine pour soutenir leur thèse. Oubliant qu’ils nient l’existence de l’Ukraine avant la Révolution russe de 1917, ils laissent tomber de leurs plumes des dates qui jettent à terre tout l’échafaudage si laborieusement construit.

Leurs propres données non seulement prouvent que l’Ukraine a une tradition historique, mais fournissent les deux prémisses qui permettent au peuple ukrainien de conclure à son droit de vivre désormais libre et indépendant: Pour user de ce droit, le peuple ukrainien devrait avoir vécu pendant des siècles, disent-ils. Or, sous le nom de Russie Mineure ou sous son nom actuel, l’Ukraine existait (d’après les seules citations que l’on vient de lire) dès le XIVe siècle. Donc l’Ukraine et les Ukrainiens ont le droit d’exister.

Pour soutenir la même thèse, que l’Ukraine en tant que nation n’existe pas et n’a jamais existé, d’autres adversaires invoquent le fait, qu’en 1654, «le Hetman Khmielnitski , vieux et affaibli, a donné au Tsar moscovite, par le traité de Pereiaslav, la moitié de la Russie qu’il avait délivrée de l’esclavage polonais».

Or, voici quelques-uns des articles de ce traité:

L’Ukraine doit être gouvernée par son propre peuple.

Là où il y a trois libres Ukrainiens, deux doivent juger le troisième.