— Primo, à la « Société Générale ». Et puis chez l’ondulateur. Ah ! il faudra déjeuner chez les Giraud… ça va être une surprise ! Ce qu’Amédée sera heureux ! on téléphonera chez eux dès notre arrivée.
Pas de réponse. Moune insistait :
— Ah ! tiens, si seulement, l’an dernier, tu avais voulu épouser ce garçon-là !… J’aurais constitué ta dot. C’eût été toujours cela de sauvé ! J’ai été imprévoyante. J’ai manqué de fermeté. C’est de ma faute. Tu me mènes par le bout du nez comme une vieille gâteuse. J’aurais dû t’imposer ma volonté. Si seulement on pouvait « rabibocher » les choses…
— Quelles choses, Mounette ?
Françoise avait levé sur sa tante des yeux volontairement surpris où passait, rapide, un éclair de mécontentement.
— Avec Amédée ! Avec qui veux-tu que ce soit ? Avec le Pape ?… Il est froissé… Tu l’as si bien accueilli !
— ………
— Oui, oui… Fais la sourde oreille, petite masque ! Ah ! si tu voulais, peut-être qu’en s’y prenant adroitement…
— Jamais ! déclara Françoise d’une voix coupante. Jamais, ma tante, je n’épouserai un monsieur que j’ai refusé quand nous étions riches et que je prendrais parce que nous sommes pauvres. J’aurais l’air de me vendre, moi, une de Targes ! Sérieusement, tu n’y penses pas, Moune ? Je travaillerai, voilà tout !…
Travailler !…