Je travaille. Je sens qu’ici je finirai tranquillement mon recueil de poèmes. Rien ne presse. Qui sait, quand il sera édité, grâce à l’appui de l’oncle, ce sera peut-être la gloire ?…
J’embrasse ma grande de tout mon cœur.
Sa
Françoise.
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Palais de Felsburg, 30 mai 1914.
Mademoiselle Marie-Antoinette, tranchons la question, voulez-vous ? J’avais, avec grand soin, évité de te parler du sire de Giraud. Tu m’y obliges. Expliquons-nous et n’y revenons plus.
Ma chérie, tes efforts sont inutiles. Je n’épouserai jamais môssieu Amédée Giraud.
Quand je me croyais l’égale de ce jeune homme, à qui je reconnais d’excellentes qualités, et même du mérite, je l’ai désobligeamment raillé. Il a pu me le pardonner. Il n’a eu garde de l’oublier. Puisqu’il croyait m’aimer, sa blessure a dû être plus vive… Tu connais, Moune, les vers du poète :
Souvent aussi la main qu’on aime,