Sévère, elle avait levé les yeux sur Marina :

— Veuillez, à l’avenir, quoi qu’on puisse vous présenter, ne plus rien recevoir sans mon ordre.

— Mais… C’est le comte, lui-même, Signorina, qui a déposé est écrin sur la table. Je n’ai rien osé dire. J’ai eu peur.

Les yeux noirs de la fille de chambre s’emplissaient de larmes. Agenouillée devant Mlle de Targes, elle avait tendu vers elle des mains que l’émotion rendait tremblantes :

— Signorina !… Il n’y a point de ma faute. Et puis, vous devez tout savoir, ne plus rien ignorer… Je ne veux pas que vous puissiez me croire coupable… Et je vais vous donner, Carissima Signorina, la preuve de ma fidélité, de mon dévouement. Mais avant, sur votre éternel salut, il faut me promettre de ne révéler à personne le secret que, parmi les domestiques du palais, je suis peut-être seule à posséder !… Si Hermann Wogenhardt venait à l’apprendre, je serais morte et mon cadavre irait rejoindre, là où je vous ai dit, celui de l’infortuné Hans, étranglé l’an dernier !…

Non sans impatience, Françoise haussait les épaules.

— Vous savez bien que je ne vous trahirai pas, dit-elle. Parlez !

La Triestine se leva, la figure chavirée, faisant signe à Françoise de la suivre.

Elles traversèrent la chambre à coucher, puis la salle de bains. Arrivées dans la penderie, où se trouvaient soigneusement rangées les robes et les malles de la lectrice, Marina, levant le bras, atteignit dans la rainure de la boiserie, un bouton qui y était dissimulé. Alors, avec une douceur feutrée, le panneau glissa, dévoilant la cage sombre et grillagée d’un ascenseur.

Muette de saisissement, Mlle de Targes regardait sans comprendre…