Elle n’avait pas perdu toute gaieté et, une seconde, elle fut tentée… Les émotions de la journée précédente, comme celles de la nuit, l’avaient rendue lasse. Un bain réparateur s’offrait à elle dans un décor surprenant. Elle eut, instinctif, un geste vers sa robe pour la dégrafer. L’eau murmurante semblait l’appeler…

Mais un obscur sentiment de prudence la retint. Elle poussa la porte, à regret, et procéda à ses ablutions dans le cabinet de toilette où elle s’était arrêtée la nuit.

Pendant ce temps, par la fenêtre ouverte, la Triestine scrutait les environs. Le château où l’on avait entraîné Mlle de Targes était situé au milieu d’un parc immense dont les arbres, pour la plupart séculaires, paraissaient d’une telle hauteur qu’ils masquaient l’horizon. La suivante remarqua seulement qu’à sa droite un lourd portail de fer, aux rosaces compliquées, semblait couper le parc en deux parties distinctes. C’est par là qu’elles étaient venues.

— Descendons, Marina.

Françoise entraînait la brunette.

Elles trouvèrent, devant elles, toutes portes ouvertes. Cette apparente illusion de liberté leur parut favorable.

— Allons, allons, pensa plus allègrement Françoise, je ne suis pas encore tout à fait prisonnière.

Elle s’était réjouie trop tôt. Après dix minutes de promenade dans le parc, Marina poussait un cri où il entrait autant de colère que de déception.

— Voyez, Signorina ! Il y a un mur !

La propriété était, effectivement, enclose d’une épaisse muraille de pierre grise, haute de plus de trente mètres, qui rendait impossible toute tentative d’évasion…