Et, afin, sans doute, de donner à ses paroles un commentaire significatif, d’une branche de rosier, arrachée à la botte de fleurs qu’elle tenait contre son sein, elle sabra l’air furieusement. Puis, haussant les épaules avec mépris, sans même daigner se retourner, à pas rapides, elle s’éloigna…

— Mais c’est elle qui est folle ! concluait Françoise, à la fois inquiète et troublée.

Puis, prenant le bras de la Triestine :

— Nous ne reviendrons plus de ce côté, Marina. Allons vers la grille.

Ah ! cette grille !… Hallucinante et tentatrice, elle semblait posséder à leurs yeux comme une mystérieuse attirance… Mais à peine Marina s’en était-elle approchée que, d’un petit bâtiment qui y attenait, — le logis du gardien, — un véritable monstre avait surgi.

La petite reculait, épouvantée.

Taillé en géant et balançant des poings formidables, un portier galonné déclarait d’une voix de stentor, où les mots allemands roulaient en fracas impétueux :

— Der Durchgang ist verboten ! (On ne passe pas !)

Françoise de Targes était bien prisonnière.

VIII
Sous le Fouet.