Amené par un ami, Basile Ardessy, de passage dans la capitale, s’engoua de l’étrange Hôtesse. Ces deux débauchés devaient fatalement s’entendre, Basile étant, à sa manière, aussi dépravé que sa maîtresse. Elle le suivit à Vienne, laissant sa maison hospitalière aux mains diligentes de L’Esturgeon.

Ils se quittèrent. Ils se reprirent, après des échanges de propos haineux, toute une sale ordure remuée entre anciens complices sur le point de devenir ennemis. Finalement, elle l’avait maté, car il possédait une âme plus « fille » que celle de Técla. Là encore, elle avait vaincu, grâce au knout.

Après la sensation surexcitante du fouet, elle l’avait vu ramper à ses pieds, sollicitant d’autres caresses, d’autres tortures aussi…

Chaque été, elle ne manquait pas de venir passer ses vacances auprès de lui, dans ce petit château perdu près de la frontière autrichienne, bâti du temps du Grand Frédéric et que Basile tenait de ses aïeux.

Une dépêche reçue, la veille, de Felsburg, où Basile avait été tenu de suivre le prince Hugo, avait averti la Dortnoff de son arrivée nocturne, la priant de ne pas se montrer.

Lorsque Françoise fut installée au premier, il avait rejoint Técla, la mettant au courant de la nouvelle folie du Prince.

La rencontre du parc avait été imaginée dès qu’ils avaient entendu Françoise descendre de son appartement. Il fallait tenter de l’humaniser, cette sauvage qui n’était peut-être qu’une subtile roublarde, de lui arracher certaines confidences, en la guidant adroitement vers des concessions. La Dortnoff s’était volontiers chargée du rôle, mais comme Basile, volontairement ou non, avait omis de la renseigner sur le peu d’estime où le tenait Mlle de Targes, la rusée Slave, voyant que la conversation avait pris, avec Françoise, un tour assez fâcheux, s’était sauvée, rompant les chiens.

— Pourquoi, reptile, as-tu abîmé la vérité ? insistait-elle auprès d’Ardessy, presque couchée sur lui. A ainsi dire, c’est par coquetterie ?… Toujours donc, tu seras une courtisane ? Chère vieille, — railla-t-elle, — mais presque chauve tu es ! Quelle peine !… Pour cette Françoise, tu entends, — n’est-ce pas ? — faire le cœur-joli ?…

Il protestait : — Quelle idée !

— Longtemps, il y a… — Des mois peut-être !… — Que le temps passe !… — Longtemps il y a que tu n’as eu les caresses de ta chère Técla… Cela te manque, roulure ?…