— Tu connaîtras l’amour… — chèvre mauvaise ! — mais avant, tu auras le fouet ! Lequel tu préfères, dis ?…

Et, de sa main libre, elle frappait la chair neigeuse, où des striures pourprées marquaient les coups :

— Lequel tu préfères, entêtée maudite ? de l’amour ou bien du knout ?…

— Assez !… suppliait à voix plus haute la forme noire.

— Je préfère la mort ! cria Françoise qui, crachant au visage de son bourreau, se dégageait de son étreinte d’un effort désespéré et roulait sur le tapis où le couteau d’argent était resté. Elle l’empoigna… C’était le salut !

Elle n’avait plus de pudeur, préoccupée de sa seule vengeance… L’atroce humiliation du châtiment subi, la morsure sacrilège qui avait brûlé son corps, l’aveuglaient de larmes, la possédaient d’une rage de crime… Tragique, elle clama, levant son arme justicière :

— Le premier d’entre vous qui m’approche, je le tue !…

On frappait à la porte contre laquelle Françoise s’était tout à l’heure inutilement heurtée, tandis qu’au dehors la voix d’Ardessy appelait :

— Prince ! Prince !… Puis-je ouvrir ?…

Le Prince !… Ce fantôme masqué, c’était donc lui ! Lui qui, après l’avoir enlevée, séquestrée, depuis des semaines, avait toléré l’infamie de la livrer au fouet de la Dortnoff, lui qui, de sa cachette, avait violé, de son regard de vice, les moindres détails de sa féminine beauté, lui !…