Les Brodeuses cassent beaucoup d’aiguilles. On donne pour les aiguilles quand on veut hâter les Ouvriers, ou qu’on va les voir travailler. Les bons Ouvriers enfilent leur aiguille à tâtons en dessous le métier.

Aiguillée, bout d’or ou de soie proportionné à l’étendue du bras de celui qui l’emploie; quand on l’a enfilée, il faut larder deux ou trois fois la soie avec la pointe de l’aiguille, & la faire passer tout au travers pour former vers la tête une boucle imperceptible qui l’empêche de se défiler: en commençant à travailler, il faut arrêter le bout de l’aiguillée dans l’étoffe, par deux ou trois petits points perdus; cela est plus propre que de faire un nœud. On en fait de même en finissant l’aiguillée avant de la couper en dessous; ce qui reste dans l’aiguille, se met au Bouriquet.

Argent. L’argent de Lyon est d’un meilleur usage pour passer que l’argent de Paris: on le vend 56 livres le marc.

Battre. Il est à propos de battre le métier avec une baguette avant de travailler, pour faire tomber ce qui pourroit rester de ponçure; il faut encore le battre bien fort sur l’envers de la Broderie quand elle est faite, pour faire sortir toutes les ordures & mie de pain qui ont servi à la nétoyer.

Battu, trait d’or très-fin, passé au cylindre & rendu en lame polie.

Bille, partie de la châpe qui sert à réunir les deux devants, & les fixer sur les épaules de celui qui la porte avec le secours de deux agraffes. Voyez [Pl. 6], fig. 4, a.

Blanc a dessiner. Il faut broyer le blanc de céruse avec de l’eau; puis quand il est bien fin, y mettre un peu de gomme d’Arabie, un fiel de carpe ou un peu d’eau-de-vie, pour le rendre coulant; il en faut faire un bon pot à la fois, le blanc devient meilleur en vieillissant: il faut le remuer souvent avec un petit bâton. On l’emploie indistinctement au pinceau ou à la plume.

Bleu d’Inde, se prépare de même, & sert aussi pour ordonner sur les fonds.

Bobines, petit cylindre de bois blanc percé, sur lequel on dévide l’or ou la soie; il y en a de différentes longueurs & grosseurs. Les Tireurs d’or vendent l’or à passer & le cordon sur des bobines par onces séparées; la tare de la bobine & la grosseur de l’or sont marquées sur la patte de chaque bobine. Voyez [Pl. 1], d, d.

Dans les grands atteliers, on enfile les bobines de soie en chapelets de différentes nuances, de peur qu’elles ne s’égarent, comme [Pl. 1], fig. u.