Bords, coupons de dessin, d’environ dix pouces, lavé & marqué des différentes matieres qui doivent l’exécuter; il faut en avoir souvent de nouveaux, pour donner à choisir aux Seigneurs, qui ne veulent presque jamais du dessin qui a été exécuté pour un autre. Voyez [Pl. 4], fig. 1, 3 & 5.

Boucles, se font en enfilant un point de frisure ou bouillon dans une aiguillée déja arrêtée dans l’étoffe; puis fichant son aiguille tout à côté du trou par où elle a passé, en tirant la soie en dessous, le grain de frisure forme un petit arcade qu’on nomme boucle. Voyez [Pl. 5], fig. 8, bis f. On en entoure souvent les grandes paillettes, & quelquefois des compartiments entiers.

Bouillon, petite lame qui a été roulée en tire-bourre sur une longue aiguille, & qui forme un tuyau d’environ 12 pouces. On le coupe par grains de deux ou trois lignes de long, pour l’employer, ainsi que la frisure, en l’enfilant de soie.

Bouriquet, petite boîte de carton qui court sur le métier, dans laquelle les Ouvriers amassent les bouts d’or écorché, les nœuds, les paillettes mal faites, & tout ce qui doit aller au déchet.

Boutique. On nomme ainsi le lieu où travaillent les Ouvriers, quoique ce soit assez ordinairement une chambre haute. Il doit y avoir au haut de chaque mur, de longues fiches de fer bien scélées, comme [pl. 2], fig. 9, pour accrocher les métiers quand ils embarrassent ou quand ils séchent.

Bouts: mot qui sert à exprimer les différentes grosseurs de l’or de Paris; ainsi deux bouts, trois bouts, quatre bouts, désignent le nombre de soies sur lesquelles l’or est filé. La grosseur de l’or de Lyon se désigne par une S marquée sur la patte des bobines, ainsi 2/S, 3/S, 4/S, 5/S, 6/S, 7/S. Voyez d, d, [Pl. 1].

Branche, se dit de la frisure & du bouillon, dans l’état qu’on l’achete avant de la couper par petits grains. Il faut tirer chaque branche de frisure sur sa longueur, pour que la spirale en soit un peu moins serrée; si on l’alongeoit trop, chaque tour d’or laisseroit voir la soie qui l’enfile, ce qui est contraire aux Ordonnances. On coupe avec des ciseaux cinq ou six branches de frisure en même temps.

Broche, est un outil de buis, voyez [pl. 1], fig. r, ayant six pouces de long, avec une patte triangulaire pour l’empêcher de rouler quand on s’en sert; c’est sur la partie évuidée de la broche qu’on dévide l’or à coucher ou la chenille; on en passe les bouts dans la fente x, en travaillant; on ne touche que la broche & jamais l’or, de peur de le flétrir; on le dépasse du bec ou de la fente, à mesure qu’on l’emploie; on en déroule quelques tours, on les repasse dans la fente, ce qui le contient & sert à le mener ferme en travaillant.

Brochette, [pl. 1], fig. n, outil qui sert à tenir une bobine d’or ou de soie qu’on veut survuider sur une autre à l’aide du rouet. [pl. 3], fig. 3.

Brodeur ou Bordeur, Ouvrier qui emploie l’or ou la soie sur une étoffe déja fabriquée: la Communauté des Brodeurs est sous l’invocation de Saint Clair. On nomme Grenouilles, les fausses Ouvrieres, à cause que gagnant moins que les Maîtres, elles ne boivent que de l’eau.