Chasubliers. Des Brodeurs ont embrassé cette branche de commerce, qui n’a guere de rapport à leur Art: ils taillent, doublent & montent les ornements d’Eglise. J’ai cru qu’il suffiroit de la [Planche 6], pour donner une idée de l’économie avec laquelle on taille les ornements d’Eglise.

Chenille. Le paquet de chenille de quatre brins, chacun de quatre aunes, pese ordinairement un gros trois quarts: en couleurs ordinaires, comme gris, jaune, verd, bleu, on le vend vingt sols; en rouge & cramoisi, vingt-cinq sols. Ce sont les Rubaniers qui font & vendent la chenille. Il faut, pour être bonne, qu’elle soit bien fournie de poils & coupée bien également: on en fait de plusieurs grosseurs; celle filée sur fil est moins chere & moins bonne. On emploie la chenille ou passée à l’aiguille, ou cousue sur l’étoffe, ou en chaînette au crochet.

Clinquant. C’est un gros trait d’or passé plusieurs fois au cylindre luisant & poli. Les Tireurs d’or en tiennent de plusieurs largeurs & épaisseurs; ils en ont aussi de plissé. Le clinquant s’emploie ou cousu à plat avec de la soie, ou recouvert de bouillon, ou guipé suivant le goût.

Clous a tendre: ce sont deux chevilles de fer, de dix à douze pouces de longueur, qui servent à bander l’étoffe en chassant la latte de la mortaise jusqu’à ce que le métier soit assez tendu.

Clous: il en faut quatre d’environ trois pouces de long; ils servent à contenir les ensubles dans le plus grand éloignement possible, quand le clou à tendre a fait son office.

Coller. Quand la Broderie est finie, mise en taille, nétoyée, battue & brossée, on la colle avec de l’empois blanc, de la gomme d’Arabie, & même de la colle de Gand pour le gros ouvrage; on l’étale beaucoup par l’envers en frottant avec la paulme de la main. Cette opération rend à l’étoffe sa fermeté, & sert à arrêter les bouts d’or ou de soie qui sont en dessous. Comme souvent la Broderie se fait au poids, les Ouvriers chargent l’envers de beaucoup de gomme pour en imposer; si la Broderie est de grosse enlevure, on se sert de colle de Flandre. Il faut bien laisser sécher la colle avant de détendre le métier, autrement l’étoffe se griperoit, & feroit des grimaces. Si l’on est fort pressé, on peut avoir recours à quelques réchauds de feu pour faire sécher plus vîte, en prenant garde de les approcher trop près de l’étoffe.

Cordon. Les Tireurs d’or en tiennent de tout fait en deux brins d’or, qu’on passe à l’aiguille comme le passé; cette matiere étant plus terne que le filé, convient pour faire des fonds de compartiments ou revers de fleurs.

Les Tordeurs font des cordons de trois, six, dix, & seize brins d’or tord au rouet pour lisérer les compartiments. L’or rebours est destiné à faire les cordons. J’ai dû dire quelque part qu’on n’embrasse pas le cordon avec la soie qui le coud; mais on la fiche dans le retors, & le point se trouve caché.

Cordonnets. Les Marchands de soie en botte tiennent des cordonnets de toutes couleurs pour la chaînette & la Broderie imitant les Indes. Le bon cordonnet doit être de trême d’Alais, bien égal & point bourasseux: on le vend quatre livres l’once.

Couchure: on nomme ainsi l’or cousu à plat en deux ou trois brins à côté les uns des autres, qu’on conduit avec une broche. La rencontre des points de soie qui cousent l’or, forme à volonté des losanges, écailles, chevrons, dont la couchure emprunte ses différents noms.