Coupon: c’est l’étendue d’un bout de dessin ordinairement de sept à huit pouces, qui se raccorde par ses extrémités, & que l’on répete autant de fois qu’on en a besoin pour faire une bordure.
Coutisse: c’est une sangle de trois pouces de large, que l’on ploie en double sur sa largeur, & dont on cloue les deux lisieres ensemble le long de chaque ensuble, entre les deux mortaises paralleles; voyez [pl. 1], fig. 2, a, a: c’est à la coutisse que l’on coud l’étoffe en commençant à tendre; voyez fig. 6, b, b. Quand les coutisses sont usées ou arrachées, on risque de mal tendre son métier. Le Maître doit les renouveller.
Crochet, outil pour broder au tambour, voyez [pl. 1], fig. 12, composé d’une aiguille a, dont la pointe se termine en un très-petit hameçon. Cette aiguille est arrêtée par une vis b, dans un manche c, de buis ou d’ivoire. Ce manche est creux, son couvercle d est à vis, & peut contenir plusieurs aiguilles, pour en changer suivant les différents fonds, ou quand on les casse.
Cul-de-poule, lame épaisse & reployée en zigzag, dont les Boutonniers font plus d’usage que les Brodeurs. Les Allemands en emploient beaucoup dans leurs ouvrages.
Découpeurs Brodeurs, sont ceux qui découpent avec un fer les compartiments de vélin ou de papier qu’on met sous la guipure & quelquefois sous le passé. Ils travaillent sur une table de tilleul pour soulager la pointe de leur fer; ils le tiennent à pleine main, & parcourent successivement tous les traits tracés sur le vélin, en appuyant à chaque coup de fer sur le manche avec la paume de la main droite; le doigt index de la main gauche suit de près la pointe du fer, pour contenir le vélin qui releveroit chaque fois qu’on releve l’outil. Le Découpeur doit savoir un peu dessiner pour conserver les formes en traçant son dessin sur le vélin; il doit éviter de faire des hoches à chaque coup de fer, & conserver purs tous les contours.
Quand tout le dessin est évuidé, il tire avec une pince les brides qui lioient plusieurs vélins ensemble; car j’oubliois de dire qu’il en découpe quatre ou cinq en même temps. Les rognures servent à faire de la colle.
Le Brodeur découpeur, découpe aussi des lames d’or ou d’argent liées plusieurs ensemble avec des brides, de telle forme qu’on l’exige; il a fallu qu’il couvrît la premiere lame d’un papier fin sur lequel il a tracé son épargne. Les rognures vont au déchet, & sont considérables: elles renchérissent beaucoup ces sortes de paillons.
Il les perce ensuite tout autour avec un poinçon & un petit marteau, pour qu’on puisse les coudre. Les paillons vernis se découpent de même.
Ils découpent aussi des lames de bois, de carton & d’étain, pour garnir les ouies des guittares & tympanons.
Dégauchir. Quand le métier est mal tendu, qu’il tombe ou qu’il reçoit quelque coup considérable, la Broderie, & sur-tout la couchure, se relâche & se dérange, ce qu’on nomme dégauchir. On prévient ces accidents en calant les lattes, ou les attachant au milieu du tréteau avec une corde.