Fers, outils pour découper le vélin ou les lames; voyez [pl. 1], fig. t, t. Les Brodeurs en ont de différentes longueurs: ce sont des lames bien trempées, montées dans des manches de bois; quand elles sont neuves, le Découpeur les garnit de bandes de peau, crainte de se couper en travaillant; il suffit que la pointe de la lame soit découverte de trois à quatre lignes.

Ficelles. On acheve de tendre le métier avec des ficelles qu’on passe deux fois dans chaque boucle du trelissage, comme fig. 6, [pl. 1]; puis autour des lattes alternativement. La ficelle en pelotte est moins commode que le fil d’emballage en trois. Les ficelles s’alongent & se relâchent pendant le cours de l’ouvrage: il faut les tirer plusieurs fois.

Fond. On appelle fond, l’étoffe sur laquelle on brode, & celle sur laquelle on applique les morceaux de rapport: on dit, ordonner les fonds, délivrer les fonds.

Frison, trait bouclé & applati au cylindre, dont on orne quelquefois la Broderie: il est peu d’usage en ce pays-ci.

Frisure, est un trait d’or mat, roulé en tire-bourre sur une grande aiguille, formant un tuyau que les Brodeurs coupent par petits bouts de deux ou trois lignes; pour les employer, il faut les enfiler de soie grains à grains comme le bouillon. La frisure est un peu plus solide. Il s’en fabrique de plusieurs grosseurs: on en fait des graines de fleurs en boucles & en poires; on la guipe pour faire des nervures & de petits osiers fort agréables.

Galoner, c’est border les parties des étoffes qui n’ont point de lisiere & qui sont taillées juste, pour les empêcher de s’effiler & pour résister à l’effort des ficelles. On prend pour galoner de bon ruban de fil à trois ou quatre sous l’aune: il peut servir plusieurs fois.

Garde-main: c’est un papier ou un parchemin percé d’un trou grand comme un écu, pour ne laisser rien à découvert, que la place où l’Ouvrier travaille: peu de Brodeuses veulent s’en servir.

Gareau: c’est un outil composé de deux bandes de fer de six à huit lignes d’épaisseur, chacune moins longue que la largeur du métier qu’on veut redresser, voyez [pl. 1], fig. 4 & 5. Ces deux bandes sont percées de trous sur une partie de leur longueur, pour pouvoir les alonger ou racourcir en changeant de place l’écrou a qui leur sert d’axe: elles sont terminées à leurs extrémités par deux pattes courbes b, b, qui doivent embrasser l’ensuble quand le gareau sera bandé comme d d, fig. 6. On ajuste ces deux bandes de deux ou trois pouces plus longues que la largeur du métier; puis par un effort de lévier qu’on fait faire à ces deux bandes, après avoir posé les pattes contre les deux ensubles, on rapproche ces bandes paralleles; on les fixe avec une boucle de fer coulante, comme e, fig. 6, ce qui nécessairement doit redresser les ensubles qui cambroient en dedans, & fait tendre le fond dans son milieu. Il est à propos, avant de bander le gareau, de mettre entre sa patte & l’ensuble, un papier ployé en plusieurs doubles, sur-tout s’il y a de l’étoffe roulée.

Il y a un autre gareau, fig. 4, composé de deux tringles qui engrainent à vis l’une dans l’autre, & qu’on fait alonger en tournant avec une main de fer ou un clou, qu’on fourre successivement dans les trous pratiqués sur les quatre faces d’un noyau adhérent à la tringle vissée: ce gareau est simple & d’un fort bon usage.

Gauchere, Brodeuse habituée à avoir la main gauche sur le métier, pour avoir le jour en dedans la main, comme [pl. 2], fig. i.