3o. Les nœuds qu’on met par ornement dans le cœur des fleurs ou aisselles des plantes, pour exprimer les graines, sont plus faciles à faire qu’à décrire. Voici à peu-près comme on s’y prend:
L’aiguillée étant arrêtée dans l’étoffe, on lui fait former une grande boucle sur l’étoffe en tournant la main; on passe l’aiguille dans cette boucle, on la fiche tout auprès du premier point; & pendant que la main de dessous tire l’aiguille, celle de dessus tient la boucle, & la fait couler à mesure qu’elle diminue, jusqu’à la partie de l’aiguillée qui touche immédiatement à la surface de l’étoffe, ce qui doit former un nœud. Pour qu’il soit plus sensible, il a fallu enfiler plusieurs brins de soie d’une ou de plusieurs couleurs dans la même aiguille; on recommence autant de fois que le sujet l’exige; quelquefois même on fait des fonds entiers sablés de nœuds.
Or. Tout l’or qu’on emploie en Broderie n’étant que de l’argent doré, il y a beaucoup de degrés de dorure, qui augmentent ou diminuent le prix & la solidité.
Prix en 1769.
| L’or double surdoré, | 96 | liv. le marc. |
| L’or surdoré, | 88 | |
| L’or à passer, | 82 | |
| L’or pâle ou veiné, | 72 | |
| L’or verd, rouge & bleu, | 82 | |
| L’or frisé, | 80 | |
| L’or cordon, | 84 | |
| L’or de Lyon, | 72 | |
| L’or de Milan, | 68 | |
| L’or rebours, | 75 |
Tous les détails de ces matieres appartiennent à l’Art du Tireur d’or.
Pour faire les gros cordons, il faut prendre de l’or filé à gauche qu’on appelle rebours, pour que le trait ne casse point en le tordant à droite.
L’or de Milan n’a sa lame dorée que du côté apparent, ce qui le rend plus pâle.
L’or de Lyon est d’un titre à dix livres par marc au-dessous de l’or de Paris.
L’Or trait, est un trait fin d’argent doré, qui n’est filé sur aucune soie: il casse aisément.