Or faux, c’est du cuivre filé & doré plus ou moins: par les Ordonnances, il ne doit être filé que sur fil; il y a quelques cas où l’on déroge à l’Ordonnance. Le prix en varie depuis 10 jusqu’à 24 livres le marc. On fait en faux les mêmes matieres qu’en fin.

Ordonner, c’est dessiner sur le fond en repassant avec une plume & de l’encre sur toutes les traces de la ponçure. On ordonne sur les fonds bruns avec du blanc de céruse, du massico & autres couleurs claires & bien broyées. Il faut battre l’étoffe & la brosser quand elle est ordonnée, pour nétoyer les restes de la ponçure.

Orfroi. Les bandes & le chaperon d’une chappe, les bandes d’une tunique, la croix d’une chasuble, les bandes riches d’un parement d’autel, s’appellent orfroi; on les fait très-souvent d’une étoffe plus riche que le reste de l’ornement. Voyez [pl. 6], fig. 1, 2, 3, 4, la distribution des orfrois brodés.

Paillettes: ce sont de petits anneaux d’or applatis au marteau poli, au centre desquels il reste un petit trou propre à passer l’aiguille pour les coudre.

Il y a des paillettes de différentes grandeurs; elles ont chacune leur nom qui sert à les distinguer. Voyez [pl. 5], fig. 7.

1. La très-grande, 2. la ronde, 3. la comptée, 4. la quatrieme, 5. la troisieme, 6. la balzac, 7. la grande semence, 8. la semence, 9. & 10. la quarantaine; après cela on a les paillettes qui se font à l’emporte-piece, en ovale f, cœur g, amandes h, losange i, quarré l, treffle m, rosette n, étoile o, ronde p, belle vue q & r de la fig. 8. On vend les paillettes ordinaires de quatre-vingt dix à quatre-vingt-douze livres le marc, & les autres à proportion. Il se fait aussi des paillettes coloriées une à une, qui se vendent jusqu’à cent quatre-vingt livres le marc.

Il se fait aussi des paillettes d’acier noir d’eau, pour les Broderies de deuil. Les Émailleurs tiennent aussi des paillettes de verre noir fondu & percé à l’outil, mais trop épaisses pour être employées en paillettes comptées comme les autres: tous ces menus ornements se varient à l’infini.

Paillons, morceaux de lames d’argent vernis de différentes couleurs; il y a des Ouvriers qui ne les colorent que quand ils sont brodés en place. On les attache, ou en guipant de la frisure dans les trous qui les bordent, comme [pl. 5], fig. 9, bis, ou par de petits points de bouillon de l’un à l’autre trou, ou en les recouvrant à claire-voie, de soie de la même couleur, lancée en travers comme fig. 13, ce qui les nue & fait un bon effet. On peut mettre des coups d’ombre en formation sur le fond. Pour ce dernier procédé, il ne faut pas que les paillons soient percés par les bords.

Pasté: c’est un morceau de chapeau taillé en rond, de trois ou quatre pouces de diametre, quelquefois divisé par d’autres petites bandes de chapeau, comme [pl. 1], fig. e. C’est sur ce pâté que les Ouvriers mettent par petits tas, les différentes paillettes, frisure & bouillon, dont ils ont besoin pour travailler; c’est en quelque façon la palette du Brodeur. Les pâtés sont sujets à être renversés, si l’aiguillée les accroche, ou si le métier reçoit quelques secousses violentes. Il se fait des ouvrages si recherchés, qu’il faut plusieurs pâtés à un seul Ouvrier.

Perçoir, petit bâton de canne ou de bouleau, dans lequel est emmanchée une aiguille bien pointue; on s’en sert à piquer les dessins. Il faut tenir le perçoir très-perpendiculaire en piquant, pour que la ponçure puisse passer librement au travers du papier. On fait des perçoirs très-commodes avec le manche des outils à broder au tambour.