Piquer. Il faut piquer réguliérement à petits trous très-près les uns des autres, tous les contours, nervures, graines du dessin, même les traits qui en annoncent les angles & retraites, en contenant le papier tout près du perçoir avec le doigt de la main gauche. Ce papier doit être posé sur une serge ou une table garnie de drap. On pique souvent quatre ou cinq papiers ensemble; ces percés servent à faire les dessins marqués qu’on donne dans les différents atteliers. Ce sont ordinairement les enfants ou apprentifs qui piquent les dessins: il ne faut que de la patience & de la routine.

Pinces, outil d’acier qui sert à tirer l’aiguille en faisant l’enlevure épaisse & dure.

Poncette, petit sac de grosse toile, contenant de la chaux vive bien pulvérisée, quand on veut poncer en blanc sur des fonds bruns. Sur les étoffes blanches ou de couleur claire, on se sert de poncette de charbon de bois blanc, rapé & bien tamisé. Quelques-uns font leur poncette avec de la lie de vin bien brûlée: je l’estime la meilleure.

On ponce encore les petits morceaux avec un tampon de feutre roulé & trempé de temps en temps dans la ponçure qu’on a dans un vase plat. Ce procédé est plus propre, mais moins expéditif.

Point, on nomme ainsi la partie d’or ou de soie qui reste sur la surface de l’étoffe, chaque fois qu’on tire l’aiguillée en dessous; ainsi on dit, point court, point long, point alterne, point satiné, point fendu, c’est celui dans lequel rentre le second point; point passé, c’est celui qui embrasse en dessus comme en dessous la largeur de l’objet; point perdu, c’est celui qui sert à arrêter l’aiguillée en commençant & en finissant de l’employer. On appelle encore points perdus, ceux qui réunissent plusieurs pieces de rapport ensemble, parce qu’ils ne doivent point paroître.

Point, se dit aussi du rapport qu’ont entre eux les petits points de soie dont on coud l’or couché, & qui forment par leur rencontre le point satiné, point de chevron, point de losange ou d’écaille, ou point de 2, 3, 4, 5 ou 6 à côté les uns des autres; ce qu’il ne faut pas confondre quand on fait travailler plusieurs morceaux pareils dans différents atteliers.

Point, se dit encore du grain de frisure que l’Ouvrier a sur son pâté, & qu’il emploie un à un en l’enfilant: ainsi on dit hachebachure de deux, trois ou quatre points.

Pratique, est une chaînette d’or de six ou neuf brins, fabriquée au boisseau, que l’on coud par sa moitié intérieure sur les contours extérieurs de la Broderie de rapport, avant ou après l’avoir faite. Voy. [pl. 4], fig 5, b, b, b. La pratique sert à recevoir le point d’aiguille qui coud la Broderie quand elle est faite, sur tel fond que l’on veut; elle cache l’épaisseur du fond sur lequel on a brodé le rapport, & garantit l’ouvrage du coup de ciseau qui la découpe; assez ordinairement elle engage un peu les formes & les contours.

Racher, c’est assurer & finir une Broderie lancée ou cordonnets collés, par de petits points symmétriquement arrangés.

Rapport. Il se fait des Broderies en rapport brodées sur toile, taffetas ou papier, que les Brodeurs tiennent en magasin prêtes à être appliquées sur tel fond qu’on voudra. Ordinairement ce sont des bordures d’habits d’homme, qui se vendent depuis dix-huit jusqu’à trente livres l’once, suivant les especes de paillettes qui l’enrichissent.