Rapport, est aussi la maniere de broder sur toile par parties détachées, les feuilles, fleurs ou galons d’un compartiment, ou les différentes parties d’un trophée, qu’on réunit ensuite les unes sur les autres après les avoir découpées chacune séparément; ce procédé donne un relief plus net & plus distinct à chaque objet, & coûte moins de peines à l’Ouvrier.
Rehaussé, se dit quand on exprime les lumieres ou les clairs d’un fruit ou d’une draperie brodée, par des points d’or ou d’argent mis après coup. La rehaussure fait en vieillissant l’effet contraire de ce à quoi on l’a destiné: elle noircit & fait tache.
Retraite, ce sont des croix piquées sur les angles du dessin poncif, qui indiquent les points de renseignement du dessin à l’étoffe, ou du dessin à lui-même. La retraite sert aussi de guide quand on est obligé de poncer plusieurs fois le même dessin à côté l’un de l’autre: une feuille, une graine, servent de retraite.
Il se fait des tailles d’habits ou de meubles par retraite, c’est-à-dire, qu’on ne dessine sur la taille, que les retraites du coupon, & les parties alongées ou raccourcies dans les endroits qui tournent; le coupon ponce le reste sur l’étoffe.
On ne sauroit être trop scrupuleux sur l’exacte rencontre des retraites.
Rezeau. On en emploie de différentes richesses, pour servir de fond à des compartiments; quelquefois on l’achete tout fabriqué au boisseau par les Ouvriers de Saint-Denis, ou de Villiers-le-Bel; celui que les Brodeurs font à l’aiguille est beaucoup meilleur & plus correct. On s’en sert beaucoup pour les grands habits de Cour; on en fait des mantilles: on brode dessus en soie ou en paillettes; on en recouvre quelquefois les paillons: on en emploie dans les bordures d’habits d’homme, comme [pl. 4], fig 5.
Rouet a main: c’est une machine de fer dont les Brodeurs se servent pour faire des bouts de milanese ou de cordon, pour échantillonner, ou dans des momens pressés. Voy. [pl. 1], fig. 7.
Rouet. Il faut au Maître Brodeur un rouet pour tracaner & dévider les soies, & les mettre en bobines. On trouve ces rouets tout faits chez les Tourneurs. Voyez [pl. 3], fig. 3.
Roule, Rouler. On roule l’étoffe autour de l’ensuble, plus ou moins de tours suivant sa largeur, pour que les Ouvrieres puissent atteindre, sans trop se gêner, jusqu’au milieu de l’étoffe tendue; c’est même par le milieu du métier qu’il faut commencer les morceaux riches & la Broderie en chenille, pour ne la pas froisser: on déroule à mesure que l’ouvrage avance. Chaque tour d’ensuble s’appelle un roule, le demi-tour, un demi-roule, &c.
S, marque que l’on voit sur les bobines d’or de Lyon, & qui indique la grosseur de l’or. Voyez l’article [Bouts].