Nazar. pan. c. 38.
Après la défaite des Sarmates, Constantin revint à Thessalonique, où il se disposait à tirer vengeance des perfidies de Licinius. Mais avant que d'entrer dans le récit de cette importante guerre, je crois qu'il est à propos de rendre compte des lois principales que ce prince avait faites depuis l'an 314, et dont je n'ai pas encore eu l'occasion de parler. Ce fut dans cet intervalle qu'il s'appliqua davantage à réformer les mœurs, à réprimer l'injustice, à bannir les chicanes qui s'autorisent des lois mêmes, et à inspirer à ses sujets des sentiments de concorde et d'humanité conformes à cette fraternité spirituelle qu'établit le christianisme. La législation est la fonction la plus auguste et la plus essentielle du souverain. C'est le montrer seulement en passant et comme sur un théâtre, que de ne le faire voir qu'au milieu des batailles.
ΧΧΧΙΙI. Loi pour la célébration du dimanche.
Cod. Th. l. 2, tit. 8.
Lib. 8, tit. 8.
Lib. 5, tit. 5.
Cod. Just. lib. 3, tit. 12.
Euseb. vit. Const. l. 4, c. 18, 19, 20.
Soz. l. 1, c. 8.
Nous commencerons par les lois qui concernent la religion. Depuis le temps des Apôtres, les chrétiens sanctifiaient le dimanche par des œuvres de piété. Constantin défendit de travailler pendant ce jour, et de faire aucun acte juridique. Il permit seulement les travaux de l'agriculture, de peur que les hommes ne perdissent l'occasion de prendre de la main de la Providence la nourriture qu'elle leur présente. Il permit aussi d'émanciper et d'affranchir ce jour-là, qui est celui de l'affranchissement du genre humain. Ses successeurs défendirent même d'exiger les tributs, et de donner des spectacles le dimanche. Sozomène dit que Constantin fit la même loi pour le vendredi, et Eusèbe semble aussi le dire pour le samedi. Mais ou ces deux dernières lois n'eurent pas d'exécution, ou il faut seulement entendre qu'elles ordonnaient de consacrer aux exercices de religion une partie de ces deux jours. Ce ne fut qu'en Orient que la coutume s'établit de fêter aussi le samedi. Pour faciliter aux soldats chrétiens l'assistance aux offices de l'église, Constantin les dispensa le dimanche de tout exercice militaire; il ordonna même que les gens de guerre qui n'étaient pas chrétiens sortiraient ce jour-là de la ville, et qu'en pleine campagne ils réciteraient tous ensemble, au signal donné, une courte prière dont il leur donna la formule: c'était une reconnaissance de la puissance de Dieu, qui seul donne la victoire; ils demandaient à l'être souverain de leur continuer sa protection, et de conserver l'empereur et ses enfants.