Jul. ad Ath. p. 280, et epist. 38, p. 414.
Till. art. 57 et note 47.
Cæs. de bel. Gal. l. 1, c. 38.
Ce nouveau député ne trouva plus Julien à Paris. Il en était parti après avoir congédié Léonas; et pour tenir ses soldats en haleine, autant que pour maintenir sa réputation, il marchait à la tête de toutes ses forces vers la seconde Germanie, et s'approchait du pays de Clèves[297]. Ayant pour la quatrième fois passé le Rhin, il tomba tout à coup sur le pays des Attuariens, nation de Francs, naturellement inquiète, et qui ravageait alors plus hardiment que jamais les frontières de la Gaule. Ce peuple habitait les bords de la Lippe, vers les pays de Clèves et de Munster[298]. Comme ils n'étaient pas sur leurs gardes, parce qu'ils croyaient les chemins impraticables, et qu'ils ne se souvenaient pas qu'aucun prince eût jamais pénétré dans leur pays, ils ne firent pas longue résistance. On en massacra, on en prit un grand nombre: les autres demandèrent la paix. Julien, pour la procurer aux Gaulois voisins, l'accorda à ces Barbares aux conditions qu'il voulut. Cette expédition dura trois mois. Le vainqueur revint le long du Rhin jusqu'à Bâle [Rauracos], visitant avec soin toutes les places de la frontière et les mettant en état de défense. Il en reprit plusieurs dont les Barbares étaient encore les maîtres, en sorte qu'il ne leur resta pas un pouce de terrain dans toute l'étendue de la Gaule. Julien passa par Besançon [Vesuntio[299]]. Ce n'était en ce temps-là qu'une petite ville, nouvellement rebâtie sur la pointe d'un rocher presque inaccessible, défendue d'une bonne muraille, et environnée de la rivière du Doubs [Dubis]. Au temps de César c'était une ville considérable; elle avait subsisté dans sa splendeur jusqu'au règne d'Aurélien, après lequel elle avait été détruite par les Allemans. De Besançon, Julien vint passer l'hiver à Vienne. Il y prit le diadème orné de pierreries, s'étant contenté jusqu'alors d'une simple couronne, ou plutôt d'un bandeau sans aucun ornement. Il célébra par des actes publics la fin de la cinquième année depuis qu'il avait été nommé César.
[297] Tricensimæ oppido propinquabat. La position de cette ville est inconnue; on prétend qu'elle fut d'abord appelée Colonia Trajana et Castra Ulpia. Tel est au moins le sentiment d'Hadrien Valois (Not. Gall. p. 150). Selon lui, elle aurait dû son troisième nom à ce qu'elle était le cantonnement ordinaire de la 30e légion. Il paraît qu'elle était vers le pays de Clèves; mais on varie beaucoup sur le lieu moderne qu'il faut lui assigner.—S.-M.
[298] Les Attuariens occupaient alors la partie de la Westphalie comprise entre le Rhin et la Lippe, c'est-à-dire le duché de Berg. Leur nom s'y conservait encore long-temps après cette époque. Plusieurs branches de cette nation étaient établies en-deçà du Rhin, dans la Gaule, où les empereurs leur avaient accordé des concessions de terre. On peut voir le curieux article que le savant Hadrien Valois leur a consacré dans la Notitia Galliarum.—S.-M.
[299] Ἐπεὶ δὲ περὶ τὸν Βικεντίωνα· πολίχνιον δὲ νῦν.... πάλαι δὲ μεγάλη, ἦν. Jul. ep. 38. C'est sans doute par une faute de copiste que dans cette lettre le Doubs est appelé le Danube, Δάνουβις.—S.-M.
XVIII. Mort d'Hélène, femme de Julien.
Amm. l. 21, c. 1, et ibi Vales. et l. 25. c. 4.
Jul. ep. 40, p. 417·