Aur. Vict. de cæs. p. 179.

Vict. epit. p. 226.

Zon. l. 13, t. 2, p. 13.

Steph. de urb. in Δεκέντιος.

Cod. Th. Lib. 16, tit. 10, leg. 5 et ibi God.

Banduri, in Magnentio.

[Eckhel, doct. num. vet. t. 8, p. 121 et 122.]

Au reste, la chute rapide de ce prince, et la facilité qu'on eut à le détruire, montrent assez combien il était haï ou méprisé de ses sujets. Au premier signal de la révolte, il se vit abandonné sans ressource. Magnence projetait depuis long-temps d'usurper la puissance souveraine, et la circonstance lui paraissait favorable. Des deux empereurs, les Perses tenaient l'un dans des alarmes continuelles, l'autre s'endormait dans les bras de la volupté. Cet ambitieux n'avait, pour aspirer à l'empire, d'autre titre que son audace. Il était né au-delà du Rhin. Dès son enfance il fut emmené captif et transporté en Gaule avec son père, appelé Magnus. Devenu libre par le bienfait de Constantin, il s'était instruit dans les lettres latines; il avait de la lecture, et une sorte d'éloquence qui ne manquait pas de force et de vivacité. Il était grand et puissant de corps. D'abord soldat dans les gardes du prince, il s'était ensuite élevé jusqu'au grade de commandant des Joviens et des Herculiens, avec le titre de comte: c'étaient deux légions formées par Dioclétien et par Maximien. Ces deux princes, dont l'un avait pris le titre de Jovius et l'autre d'Herculius, avaient donné leur nom à ces légions: elles faisaient partie de la garde des empereurs. Comme il se piquait d'une rigoureuse exactitude, ses soldats s'étant un jour soulevés contre lui, il allait être massacré, si Constant ne lui eût sauvé la vie en le couvrant de sa pourpre. Il conserva cette régularité apparente après son usurpation, et dans le sein de l'injustice il affectait un scrupule religieux pour l'observation des lois. L'éducation n'avait réussi qu'à déguiser ses vices. Dur, intraitable, avare, capable des forfaits les plus noirs, hardi dans le succès par ostentation, timide dans l'adversité par caractère, il était infiniment adroit à cacher ses noirceurs et sa timidité sous des dehors de bonté et de courage. Un auteur païen croit achever le portrait de sa tyrannie, en disant qu'elle fit à juste titre regretter le règne de Constant. On ne reconnaît qu'il était chrétien qu'à ses médailles, qui portent le monogramme du Christ. D'ailleurs il favorisa le paganisme en permettant à Rome les sacrifices nocturnes défendus dans Rome païenne, et proscrits par les empereurs chrétiens, lors même qu'ils toléraient ceux qu'on faisait en plein jour. Julien, qui devait lui savoir gré de cette indulgence pour l'idolâtrie, n'a pu s'empêcher de convenir que même ce qu'il a fait de louable ne fut jamais fondé sur des principes de vertu, ni dirigé par le bon sens.

An 350.

VI. Il est proclamé Auguste.