[61] Le texte de Zosime n'en compte que quarante, ἤδη τεσσαράκοντα πόλεις ἐπικειμένας τῷ Ῥήνῳ κατειληφότας·—S.-M.
[62] On voit par le récit d'Ammien Marcellin qu'ils prirent alors Cologne, et que leur puissance s'étendait jusque dans le centre de la Gaule.—S.-M.
XLVIII. Études de Julien.
Jul. ep. 51, p. 434.
Liban. or. 5, t. 2, p. 173; et or. 10, p. 265. Eunap. in Max. t. 1, p. 47, et in Liban. p. 97 et 98, ed. Boiss.
[Greg. Naz. t. 1, p. 58.]
Socr. l. 3, c. 1.
Soz. l. 5, c. 2.
Julien, sorti du château de Macellum, demanda la permission d'aller à Constantinople, pour y perfectionner ses connaissances. Constance, qui avait intérêt d'occuper cet esprit vif et ardent, y consentit volontiers. Mais il ne lui permit d'écouter que des maîtres chrétiens. Il lui proposait lui-même quelquefois des sujets de déclamation. Le jeune prince simple dans ses habits, sans suite et sans équipage, s'abaissant au niveau de ses camarades, fréquentait les écoles des rhéteurs et des philosophes. Cette modestie, loin de l'obscurcir, servait de lustre à ses talents. Comme il parlait familièrement à tout le monde, tout le monde aimait à parler de lui; on louait la beauté de son génie, la bonté de son cœur; on s'accordait à dire qu'il était digne du diadème. Ce grand éclat ne tarda pas à blesser les yeux de Constance: il lui ordonna de quitter Constantinople et de se retirer à Nicomédie, ou en tel lieu de l'Asie qu'il voudrait choisir. Libanius, fameux rhéteur, enseignait alors à Nicomédie: c'était un des plus ardents défenseurs du paganisme. Constance défendit à Julien de l'aller entendre; et le rhéteur Ecébolus, sous qui le prince avait étudié à Constantinople, alors chrétien, païen ensuite, et dont la religion tournait au gré de la cour, lui fit jurer à son départ, qu'il ne prendrait pas les leçons de Libanius. Julien n'osa, à ce qu'il dit lui-même, violer ce serment; mais il ne se fit pas de scrupule de l'éluder. Il recueillait et étudiait secrètement les ouvrages de ce rhéteur, qu'il admirait: en quoi assurément il lui faisait trop d'honneur. Son esprit souple et docile en prit une si forte teinture, qu'il y perdit beaucoup de cette noble et énergique simplicité qui sied à un prince; et qu'il se pénétra de toute la pédanterie de son modèle, comme on le voit par ses ouvrages. Mais un magicien, caché à Nicomédie pour éviter la rigueur des lois, fit bien plus de mal à Julien; il empoisonna son cœur d'une curiosité criminelle et insensée pour ce qu'on appelle les sciences secrètes.
XLIX. Il se livre à la magie et à l'idolâtrie.