Jul. ad Them. p. 259, et or. 4. p. 130, et ep. 51, p. 434.
Liban. or. 4, t. 2, p. 151; or. 5, p. 173 et or. 10, p. 263 et 264.
Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 58, 59 et 61.
Eunap. in Ædes. t. 1, p. 26 et 27, et in Max. p. 47. ed. Boiss.
Socr. l. 3, c. 1.
Theod. l. 3, c. 3.
Soz. l. 5, c. 2.
L'Asie était alors infectée d'une secte de graves charlatans, qui faisaient un mélange monstrueux des opinions de Platon avec les superstitions de la magie. C'étaient des fourbes qui firent de Julien un fanatique. Ils trouvèrent dans sa vertu mélancolique une matière toute préparée et prompte à s'allumer. Il devint astrologue, théurgiste, nécromancien. Il alla à Pergame consulter Edésius: il y fit une étroite liaison avec Maxime d'Ephèse, Chrysanthius de Sardes, Priscus d'Epire, Eusèbe de Carie, Iamblique d'Apamée, tous disciples de ce prétendu sage. Ces imposteurs s'entendaient à se vanter mutuellement, à flatter le jeune prince, et à lui promettre l'empire. Edésius était le chef de la cabale; Maxime en était l'oracle: sa naissance, ses richesses, son éloquence d'enthousiaste, son extérieur majestueux et composé, le ton de sa voix concerté avec le mouvement de ses yeux, sa barbe blanche et vénérable, aidaient infiniment à la séduction. Julien l'alla trouver à Ephèse. Maxime captiva entièrement l'esprit du nouveau prosélyte; il l'initia à ses mystères par des cérémonies effrayantes, dont l'impression réelle grave profondément les plus absurdes chimères. Il le mit en relation avec les démons; et ce fut, selon Libanius, à cet heureux commerce que Julien fut dans la suite redevable de tant de succès. Ces génies officieux, dit le sophiste aussi visionnaire que son héros, le servaient en amis fidèles; ils le réveillaient dans son sommeil; ils l'avertissaient des dangers; c'était avec eux qu'il tenait conseil; ils le guidaient dans toutes les opérations de la guerre, quand il était à propos de combattre, d'aller en avant ou de faire retraite, ils dirigeaient ses campements. Ce qu'il y a de vrai, c'est que Julien ébloui des prestiges de Maxime, renonça entre ces mains à la religion chrétienne, contre laquelle son cœur était depuis long-temps révolté. Il était alors âgé de vingt ans. Il choisit le soleil pour son Dieu suprême. Nous avons de lui un discours adressé à Salluste, où il représente cet astre comme le père de la nature, le Dieu universel, le principe des êtres intelligibles et sensibles. Entêté de ces vaines idées, il devint un dévot extatique de l'idolâtrie; il y mettait sa félicité; il gémissait sur les ruines des temples et des idoles; il désirait ardemment de la remettre en honneur, et il disait à ses amis qu'il rendrait les hommes heureux s'il parvenait jamais à la puissance souveraine. Gallus fut alarmé de ces nouvelles; il lui envoya Aëtius afin de le sonder. Il ne fut pas difficile à Julien de tromper Aëtius; il n'eut besoin, pour lui paraître parfait chrétien, que d'affecter un grand zèle pour la cause de l'arianisme. Mais il ne lui était pas si aisé d'en imposer à Constance, qui était averti de ses discours, et que la jalousie rendait clairvoyant. Julien porta l'hypocrisie jusqu'à se faire raser, prendre l'habit de moine, et remplir à Nicomédie les fonctions de lecteur. D'ailleurs il pratiquait toutes les vertus civiles: tant qu'il fut en Asie, il s'y fit estimer par son empressement à faire du bien, n'épargnant ni dépenses ni fatigues pour secourir les malheureux, et pour défendre les intérêts de la justice même contre ses parents et ses amis.
L. État de Julien après la mort de Gallus.
Jul. ad Ath. p. 274, et ad Them. p. 259 et or. 3, p. 118.