LVII. Nouvelles cabales des Ariens.
Ath. ad monach. t. 1, p. 360 et 375. et apol. ad Constant. p. 299 et 301.
Socr. l. 2, c. 26.
Sulp. Sev. l. 2, c. 53.
Constant, inviolablement attaché à la vérité dans le sein même du désordre, avait enchaîné la fureur de l'hérésie, et forcé son frère de rendre la paix aux fidèles, et les vrais pasteurs à leur troupeau. Sa mort ouvrit une libre carrière à la malignité des Ariens. La haine de Constance contre les orthodoxes n'avait été que plus aigrie par la contrainte. Cependant ce prince, ayant honte de se dédire si promptement, garda encore quelques mesures. On accusait Athanase d'avoir animé Constant contre son frère; d'entretenir de secrètes intelligences avec Magnence; d'avoir porté le mépris qu'il faisait de l'empereur, jusqu'à célébrer sans sa permission la dédicace de la grande église, nommée la Césarée, que Constance venait de faire bâtir à Alexandrie; d'exciter des mouvements en Egypte et en Libye, et de se former une monarchie ecclésiastique, en établissant des évêques dans des provinces qui n'étaient pas soumises à sa jurisdiction. Il était aisé au saint prélat de détruire ces calomnies; il le fit pleinement six ans après par une véhémente apologie qu'il adressa du fond des déserts à l'empereur. Mais dans ces commencements il n'en eut pas même besoin. L'empereur occupé de la guerre contre Magnence, craignant de révolter l'Egypte en maltraitant le métropolitain, lui écrivit pour le rassurer. Il envoya même par le comte Astérius et Palladius, maître des offices, des lettres adressées à Felicissimus duc d'Egypte, et au préfet Nestorius, les chargeant tous deux de veiller à la conservation d'Athanase. Les Ariens ne se rebutèrent pas. Ils avaient regagné Ursacius et Valens, qui n'eurent pas honte de se déshonorer, en révoquant la rétractation authentique qu'ils avaient donnée de leurs erreurs et de leurs calomnies en présence de deux conciles. Ces deux évêques prétendirent faussement que Constant les avait forcés à cette démarche; et Constance se trouva très-disposé à les en croire sur leur parole. De concert avec plusieurs autres évêques ariens, ces imposteurs tournaient à leur gré l'esprit de l'empereur; et Valens surtout, depuis la bataille de Mursa, en était écouté comme un prophète. Ils lui répétaient sans cesse que leur parti se décréditait, et qu'il allait lui-même passer pour un hérétique: ils lui représentaient l'union des évêques avec Athanase, comme une cabale dangereuse.
LVIII. Exil et mort de Paul de C. P.
Ath. ad monach. t. 1, p. 348, et de fuga sua, p. 322.
Zos. l. 2, c. 46.
Socr. l. 2, c. 26.
Theod. l. 2, c. 5.