Soz. l. 4, c. 2.

Theoph. p. 36.

Till. art. 11.

Le premier effet de leur crédit fut la mort de Paul, évêque de Constantinople. L'empereur manda à Philippe préfet d'Orient de le chasser, et de rétablir Macédonius. Le peuple chérissait son évêque, et le préfet se souvenait du massacre d'Hermogène. Pour se mettre à l'abri de la sédition, il s'enferme dans les thermes de Zeuxippe; il fait prier Paul de l'y venir trouver pour une affaire importante. Dès qu'il est arrivé, il lui montre l'ordre du prince. Le prélat s'y soumet sans répugnance: mais le préfet n'était pas sans alarmes. Le peuple, inquiet pour son pasteur, s'était assemblé autour des thermes et faisait grand bruit. Le saint prélat se prêta volontiers aux mesures qu'il fallait prendre pour le dérober à l'amour de son peuple. On le fit passer par une fenêtre dans le palais voisin, qui donnait sur la mer; et de là on le descendit dans une barque prête à faire voile, et qui s'éloigna sur-le-champ. Aussitôt Philippe monte sur son char, il fait asseoir à côté de lui Macédonius, et va droit à l'église. La garde qui marchait l'épée nue intimide les habitants. On accourt de toutes parts à l'église. La foule y était si grande, que le préfet n'y pouvant entrer, les soldats s'imaginèrent que le peuple faisait résistance, et fondirent à grands coups d'épée sur cette innocente multitude. Plus de trois mille y périrent, les uns tués par les soldats, les autres écrasés par la foule; et Macédonius alla au travers de ces corps morts prendre possession de la chaire épiscopale. Paul chargé de chaînes fut d'abord conduit à Emèse, de là transféré à Cucusus en Cappadoce, dans les déserts du mont Taurus, où il fut étranglé. Les Ariens publièrent qu'il était mort de maladie. Mais le vicaire Philagrius, déja connu par ses méchancetés, jaloux peut-être de n'avoir pas été choisi pour bourreau, fit savoir aux catholiques que Paul renfermé dans un cachot étroit et ténébreux y avait été laissé sans nourriture, et que six jours après, comme il respirait encore, le préfet Philippe l'avait étranglé de ses propres mains. Ce Philippe avait été consul en 348. Il est différent de celui qui fut député à Magnence, et retenu prisonnier. Peu de temps après la mort de Paul, arrivée vers le commencement de 351, ce ministre d'iniquité encourut la disgrace de Constance: l'histoire n'en dit pas la cause. Il fut dépouillé de sa dignité et mourut, dit-on, de désespoir et de crainte, tremblant sans cesse, et attendant à chaque moment son arrêt de mort.

LIX. Concile d'Arles.

Ath. apol. 1; de fuga, t. 1, p. 322.

Hilar. fragm. p. 1331.

Sulp. Sev. l. 2, c. 52 et 55.

[Socr. l. 2, c. 29.

Soz. l. 4, c. 5.]