Till. Valent. art. 3, 4.
Cod. Th. l. 2, tit. 8, leg. 1; l. 8, tit. 8, leg. 1; l. 9, tit. 38, leg. 3, 4; tit. 40, leg. 8; l. 11, tit. 36, leg. 20; l. 12, tit. 1. leg. 59, et ibi God. l. 13, tit. 10. leg. 4, 6 et ibi God. l. 15, tit. 7. leg. 1. 2. 4. 8. 9. et ibi God. l. 16, tit. 2. leg. 17, 18, 20, 21, 22, et ibi God.
Quoiqu'il ne crût pas devoir se mêler de questions théologiques, il ne se dispensa pas du respect que les plus puissants princes doivent à la religion. Constantin avait défendu de faire le dimanche aucun acte judiciaire; Valentinien ajouta la défense d'exiger ce jour-là des chrétiens les contributions publiques. Plein de vénération pour la fête de Pâques, qu'il honorait comme la fête de la délivrance du genre humain, il ordonna que dans ce saint jour on donnerait la liberté aux prisonniers; il en excepta ces criminels dont l'impunité serait pernicieuse à la société, les sacriléges, les magiciens, les empoisonneurs, les adultères, les ravisseurs, les homicides et les coupables du crime de lèse-majesté. Constantin n'avait pu abolir dans la ville de Rome les spectacles des gladiateurs, Valentinien défendit de condamner à ces combats cruels les chrétiens convaincus de quelque crime que ce fût. Les acteurs de théâtre étaient alors de condition servile, il ne leur était pas libre de renoncer à leur profession: l'empereur ordonne dans ses lois, que les comédiens qui étant en péril de mort recevront le baptême et l'eucharistie, ne pourront être forcés à monter de nouveau sur le théâtre, s'ils reviennent en santé: mais il veut qu'on examine avec attention l'état de leur maladie, qu'on en informe les magistrats chargés du soin des spectacles, et qu'on ne leur administre les sacrements avec la permission des évêques, que dans le cas où le danger de mort serait évident. Ces précautions qui rendaient l'entrée de l'église plus difficile aux comédiens, sont blâmées par de graves auteurs; d'autres les justifient par les profanations ordinaires alors aux gens de théâtre, qui ne demandaient souvent les sacrements que pour se délivrer de leur servitude, et qui retournaient ensuite à l'idolâtrie. Les filles des comédiennes étaient assujetties à la profession de leurs mères; le prince ne permit d'y contraindre que celles qui se déshonoraient par la débauche. Gratien et Valentinien II suivirent l'esprit de cette loi; ils affranchirent du théâtre les comédiennes qui embrasseraient le christianisme, pourvu qu'elles menassent une vie régulière. Valentinien voulut que les amendes qui seraient exigées dans les causes ecclésiastiques, fussent uniquement appliquées au soulagement des pauvres. Il témoigna toujours beaucoup de respect pour les évêques: il s'abstenait de leur rien prescrire, ni de rien innover dans les règles de l'église, lors même que ces règles semblaient pouvoir être changées avec avantage, persuadé que cette réforme excédait son pouvoir. Par des lois qui ne se sont pas conservées jusqu'à nous, il avait ordonné que dans les causes qui concernaient la foi ou l'ordre de l'église, les évêques ne fussent jugés que par des évêques. Il rendit aux ecclésiastiques et aux moines tous les priviléges dont le paganisme, rétabli par Julien, les avait dépouillés; mais il leur interdisait en même temps toute liberté scandaleuse, tout manége d'intérêt: il leur défendit, sous peine de bannissement, de fréquenter les maisons des veuves et des orphelines. Il déclara nulles et dévolues au fisc les donations qu'une femme leur ferait de son vivant ou par testament, et il proscrivit ces fraudes pieuses qui se cachent sous le fidéi-commis. Dans les mêmes vues que Constantin, il ne permit d'admettre à la cléricature ni les riches particuliers qui devaient porter les charges publiques, ni les décurions, à moins qu'ils ne fissent cession de leurs biens, soit à l'ordre municipal, soit à quelque parent qui se chargerait de leurs fonctions. Ces dernières lois sont censurées comme peu favorables à la religion; mais il ne serait pas difficile de montrer que l'honneur et la force de l'église ne consistent pas dans l'opulence personnelle de ses ministres, au lieu que l'ordre politique, par un effet de la faiblesse inséparable des choses temporelles, a besoin de richesses pour se soutenir. Il y avait dès lors plusieurs monastères de filles. Cette pieuse institution, née d'abord en Égypte, avait depuis environ trente ans passé en Italie et en Gaule. Valentinien était chaste; ce fut pour honorer cette vertu qu'il exempta de taille les biens des vierges consacrées à Dieu. Il étendit cette exemption sur les veuves qui ne passaient pas à de secondes noces, et sur les enfants des deux sexes tant qu'ils étaient en puissance de tuteur.
XXIII.
Valens à C. P.
[Amm. l. 26, c. 5.]
Theod. l. 4, c. 12.
Them. or. 6, p. 71 et 81.
Till. Valent. not. 20.
Valens était encore dans les mêmes sentiments que son frère, mais il n'avait ni le même discernement ni la même fermeté. Déjà trop chargé du poids de l'empire, il voulut dans la suite se rendre arbitre de la religion; et tandis que l'église jouissait en Occident d'un repos tranquille, elle fut exposée en Orient aux plus violentes agitations. Dès que ce prince fut arrivé à Constantinople, il se rendit au sénat, où paraissait déja la statue de son père Gratien, érigée à la première nouvelle de l'élection de Valentinien. Il y prononça un discours[434], dont Thémistius fait un grand éloge; je ne crois pas cependant qu'on en puisse rien conclure en faveur de l'éloquence de Valens. Mais ce sophiste en cite deux belles maximes qui méritent d'être recueillies: la première, c'est qu'il est heureux pour des sujets d'avoir des princes qui aient été nourris loin des délices et de la mollesse, loin de la séduction des flatteurs, dans les travaux, dans les alarmes, dans les incommodités de la vie. La seconde, c'est qu'un état est plus en péril, quand il est en proie aux délateurs, que lorsqu'il est attaqué par les Barbares; comme les maladies internes sont plus dangereuses que celles qui sont produites par des causes étrangères. Thémistius répondit à ce discours par un de ces panégyriques, dont la matière est toujours plus riche et plus féconde au commencement du règne d'un prince médiocre, qu'elle ne l'est à la fin de sa vie. Il y relève avec tout l'appareil de son art la concorde qui régnait entre les deux frères. Ils prirent, selon la coutume, le consulat pour l'année suivante 365. En cette occasion tous les deux de concert défendirent à ceux qui portaient cette nouvelle dans les provinces, d'exiger aucun présent des habitants, et aux gouverneurs de souffrir ces exactions illicites. Ils permirent cependant aux personnes riches de faire quelque libéralité à ces envoyés. Cette exception rendit la défense inutile, comme on le voit par les lois suivantes; parce qu'il est plus sûr et plus facile d'enchaîner la cupidité, que de la contenir dans de justes bornes. Julien, meilleur politique, avait absolument proscrit ces rapines déguisées sous le titre de gratifications.