Theoph. p. 49.

Vita Ath. apud Phot. cod. 258.

Vita Ath. in edit. Bened. p. 85.

Pagi apud Baron. an. 370.

L'empereur avait envoyé dans les provinces des ordres précis de chasser tous les évêques, qui, ayant été bannis sous le règne de Constance, étaient rentrés en possession de leurs églises sous celui de Julien. Ces ordres contenaient de terribles menaces contre les officiers, les soldats, les habitants des lieux où ils ne seraient pas exécutés. Depuis quarante ans qu'Athanase remplissait le siége d'Alexandrie, il avait eu l'honneur d'être toujours la première victime que les ennemis de l'église sacrifiaient à leur fureur; et les coups portés à cet illustre prélat, étaient devenus le signal de la persécution générale. Tatianus, préfet d'Égypte, entra dans Alexandrie, et y fit publier un édit contre les orthodoxes. Les fidèles, déterminés à tout souffrir eux-mêmes, prirent l'alarme pour leur évêque; ils représentèrent qu'Athanase n'était pas dans le cas exprimé par les ordres de l'empereur, puisque Julien, loin de le rétablir, l'avait chassé de nouveau. Tatianus ne se rendant pas à ces raisons, le peuple se disposait à la défense; on était à la veille d'une sanglante sédition. Le préfet suspendit cet orage, en demandant le temps d'instruire l'empereur et de recevoir de nouveaux ordres. Les esprits étant un peu apaisés, Athanase, trop éclairé pour ne pas pénétrer les intentions du préfet, et ne voulant pas être une occasion de désordre, sortit secrètement de la ville, et se déroba également à ses ennemis et à ses amis. Tatianus, qui n'avait cherché qu'à amuser les Alexandrins, voulut aussi profiter de ce calme pour exécuter sa commission. Il se transporta pendant une nuit avec une nombreuse escorte à la maison de l'évêque, mais il ne l'y trouva plus. Athanase s'était renfermé hors de la ville, dans le tombeau de son père, où il se tint caché pendant quatre mois. Les tombeaux, surtout en Égypte, étaient alors des bâtiments assez étendus pour y loger. Cette évasion causait autant d'alarme aux ennemis d'Athanase qu'à son troupeau. Valens craignait que son frère, comme avait fait autrefois Constant, ne prît en main la défense de ce prélat respecté de tout l'empire. Eudoxe et sa cabale n'appréhendaient pas moins qu'un génie si fécond en ressources ne vînt à bout de se ménager à la cour de Valens la même faveur, qu'il avait quelquefois trouvée auprès de Constance. Cette crainte prévalut sur leur haine; ils furent les premiers à solliciter son retour. Valens envoya ordre de le rétablir dans son église, où ce généreux athlète, signalé par tant de combats, cinq fois banni et cinq fois rappelé, toujours persécuté avec l'église et triomphant avec elle, demeura paisible pendant les six dernières années de sa vie.

XXVIII.

Commencement de la guerre des Goths.

La persécution de Valens déchirait le sein de l'église, sans mettre l'empire en danger. Mais la guerre qu'il commença cette année contre les Goths, attira, par un enchaînement de causes dépendantes les unes des autres, la ruine de la puissance romaine en Occident. Les Goths, quelquefois vainqueurs, souvent vaincus, mais fournissant toujours à de nouvelles guerres par leur innombrable multitude, avaient pendant cent vingt ans exercé les armes romaines. Domptés depuis trente-cinq ans par Constantin, tranquilles sous le règne de Constance, ils entretenaient avec les Romains un libre commerce par le Danube. Plusieurs d'entre eux s'étaient dévoués au service des empereurs, et étaient parvenus aux principales dignités de la cour et de l'armée. Comme c'est ici que commencent les grands événements qui changèrent enfin la face de l'empire, il est à propos de donner une idée plus claire de leur origine et de leurs progrès, autant qu'il est possible de percer les ténèbres dont leur première histoire est enveloppée.

XXIX.

Leur origine et leurs migrations.