[758] Avec une suite peu nombreuse, suadente matre cum paucis è munimento digressum. Amm. Marc. l. 27, c. 12. Les auteurs arméniens ne font pas mention de la sortie du jeune roi d'Arménie de la forteresse d'Artogérassa. Moïse de Khoren (l. 3, c. 37 et 38), et Faustus de Byzance (l. 4, c. 55, et l. 5, c. 1) ne parlent que de sa retraite sur le territoire de l'empire et des secours qu'il demanda à Valens.—S.-M.

[759] Susceptumque imperator Valens apud Neocæsaream morari præcepit, urbem Polemoniaci Ponti notissimam, liberali victu curandum et cultu. Amm. Marc. l. 27, c. 12. On appelait Pont Polémoniaque toute la partie orientale de l'ancien royaume de Pont, qui avait été possédé par Mithridate le Grand. Quand on réduisit la partie occidentale en province romaine, celle-ci fut érigée en royaume et cédée, par le triumvir Marc-Antoine, à Polémon, fils du rhéteur Zénon de Laodicée, qui était grand-prêtre d'Olba et dynaste des Lalasses et des Cennates en Cilicie. C'était la récompense des services qu'il avait rendus aux Romains contre les Parthes et contre Labiénus, partisan de Pompée. Le pays cédé dut à ce prince le nom de Polémoniaque. Voyez l'article Polémon I, que j'ai inséré dans la Biographie moderne de Michaud, t. 35, p. 168.—S.-M.

[760] Voyez ci-devant, p. 337, not. 2, liv. XVII, § 37, ce que l'orateur Thémistius rapporte (or. 8, p. 116) du prince asiatique qui se réfugia sur le territoire de l'empire, pendant que Valens était occupé à faire la guerre avec les Goths.—S.-M.

[761] A l'exception des changements indiqués, ce paragraphe formait le § 33 du liv. XVIII des anciennes éditions. Voyez ci-dev., p. 274, n. 1, et p. 302, n. 2, l. XVII, § 4 et 13.—S.-M.

LXI.

Para est rétabli.

[Amm. l. 27, c. 12.

Faust. Byz. l. 5, c. 1.

Mos. Chor. l. 3, c. 36.]

Cylacès et Artabannès espérant tout de la générosité de l'empereur, le prièrent par leurs députés de leur renvoyer Para leur roi légitime, avec un secours capable de le maintenir[762].—[Le prince des Mamigoniens, Mouschegh, fils de Vasag, à qui on avait conféré la dignité de connétable, exercée par son père avec tant de gloire, se rendit lui-même à Constantinople, pour exprimer plus vivement à l'empereur, les vœux de ses compatriotes et le besoin pressant, qu'ils avaient du secours des Romains pour se délivrer et s'affranchir de la domination des Perses. Les envoyés du patriarche Nersès joignirent leurs supplications aux instances du connétable. Cependant malgré la justice de leurs plaintes, on n'osait se commettre avec les Perses: les revers qu'on avait toujours éprouvés dans les guerres d'Orient, rendaient timides et portaient les conseillers de l'empereur à suivre les inspirations d'une politique trop circonspecte.] Valens [qui était alors tout occupé de la guerre contre les Goths, et] qui ne voulait pas donner à Sapor occasion de lui reprocher d'avoir le premier rompu le traité, se contenta de faire reconduire le prince en Arménie par le général Térentius[763], mais sans aucunes troupes. Il exigea même de Para qu'il ne prît ni le diadème[764] ni le titre de roi[765].—[Le prince Arsacide n'eut donc pour retourner dans son royaume que la faible escorte de Térentius; elle fut aussitôt grossie par le connétable et par tous les seigneurs qui s'étaient réfugiés sur le territoire romain. Spantarad et les princes de la famille de Camsar[766], impatients de signaler leur courage pour le service de leur patrie, profitèrent de cette occasion pour y rentrer. Ils oublièrent les maux qu'Arsace leur avait fait éprouver, et ils se dévouèrent sans réserve à la cause de son fils. C'était bien peu de chose que de tels secours, cependant ils suffirent pour relever le courage des Arméniens; l'assurance de n'être pas tout-à-fait abandonnés par l'empereur, doubla leurs forces et leur fournit les moyens de se maintenir et de se défendre, dans tous les cantons limitrophes de l'empire, qui n'avaient pas subi le joug des Perses. Bientôt avec leurs seules ressources, ils se trouvèrent en mesure de reprendre l'offensive. Plusieurs des dynastes qui avaient trahi Arsace, abandonnèrent le parti des Perses pour venir se ranger sous les drapeaux de leur souverain légitime. Quand ils furent tous réunis, ils marchèrent contre Méroujan. Celui-ci ne fut pas assez fort pour leur résister; il fut vaincu, et tandis qu'il réclamait les secours de Sapor, qui était alors dans le Khorasan[767], les seigneurs arméniens se répandaient dans le pays pour en chasser les Perses.]—S.-M.