Et ce livre, maman, on croira que je l'ai fini sans penser à toi. Mais non. J'ai dit d'abord: Il n'y aura que maman dans ce livre. C'est parce que je ne me rappelais que des instants heureux: or j'ai subi beaucoup de malheurs. C'est la Vie qui se dresse entre nos mères et nous, et qui les cache. Mais nous les aimons quand même, et si nous sommes tristes parfois, c'est quand la Vie nous empêche de penser à nos mères. Tu prendras des lunettes pour lire ces phrases. Tu épèleras mot à mot en disant:—C'est un gros livre plein de mots.
Eh bien, maman, chacun de ces mots est pour toi. Ma vie de fils, la voici racontée. Maintenant, je gagne 3 fr. 75 par jour, et c'est ma vie d'homme qui commence.
ACHEVÉ D'IMPRIMER PAR
L'IMPRIMERIE BELLENAND
A FONTENAY-AUX-ROSES
LE VINGT JUILLET 1918
NOTE:
[1] Cette plaquette, parue en 1900, à la Bibliothèque de La Plume, était considérée par l'auteur comme formant un tout complet. Elle contenait, de la présente édition, les chapitres:
Deuxième, moins les vingt-cinq premières lignes;
Troisième, à partir de ces mots: Cinq ans, six ans et sept ans, la joie...;
Cinquième, en entier;
Septième, moins les seize dernières lignes.