Chazolles était grand, juste autant qu'il le fallait pour que sa femme d'une taille moyenne, fût obligée de se hausser sur ses petits pieds pour mettre ses lèvres au niveau de celles de son mari.
Il était d'une force à soutenir tous les assauts.
Cette vigueur se développait à l'aide des exercices auxquels il se livrait chaque jour.
Dès le matin, il visitait sa ferme principale, une exploitation modèle dont il était fier à juste titre. C'était son premier soin.
Ensuite il allait à la chasse derrière sa petite meute de bassets à pattes droites, dans la forêt qu'il affermait de l'État, ou dans la campagne où il était chez lui, sur les champs de ses voisins qui l'adoraient, comme sur ses propres terres ou dans ses bois, fort étendus et joignant la forêt.
Après déjeuner, il faisait des armes avec son cocher, Jacques, ancien prévôt au premier de dragons, excellente nature, un de ces bons et rares types de serviteurs dont la race se perd. Jacques se serait fait couper en quatre pour son maître.
Souvent il montait à cheval seul ou en compagnie de sa femme.
Dans la saison, il suivait avec passion les grandes chasses, au cerf ou au sanglier, des équipages du pays, qui jouissent d'une réputation méritée.
En plein air, ses traits s'étaient colorés de cette nuance bistrée des officiers d'Algérie. Les étrangers étaient tentés de le prendre, avec sa moustache longue et brune, et ses cheveux crépus, taillés courts, pour un capitaine de cuirassiers.
Lorsque le cheval s'arrêta net au perron du château, Jacques sauta à terre et se tint droit à la tête du vaillant animal qui secouait son mors blanc d'écume.