—Mais ce sera une prison?
—D'où tu sortiras sans peine autant qu'il te plaira...
—Et si je refusais?
Il souleva mille objections et, réchauffé par le voisinage de cette fée de l'amour, enhardi par la douceur de sa voix, par les rayons de ses yeux qui perçaient l'obscurité, par le souffle parfumé de ses lèvres qui effleuraient les siennes, il devint plus pressant.
—Refuser? Est-ce que c'était possible? Ne comprenait-elle pas à quel point il lui appartenait? Il était prêt à lui sacrifier tout, à lui obéir comme à un tyran qui aurait le droit de disposer de son temps, de son avenir, de ses biens. Il lui offrait tout, tout sans exception. Ah! si, pourtant! Une seule, le repos de ceux auxquels il avait dû jusque-là la sérénité de ses belles années et l'estime de ses voisins, de ses amis, des gens de son monde.
—Et si j'exigeais ce sacrifice? dit-elle malicieusement.
Il se révolta. Elle ne le voudrait pas. Dans quel but? En quoi le mal des autres pouvait-il augmenter leur félicité à eux? Ce serait une méchanceté inutile; il n'irait pas au-delà de ce qu'il proposait.
Il défendit sa maison avec chaleur. Il fut presque éloquent. Il représenta à cette folle créature, à cette glu toute mignonne, volontaire et rieuse, ne songeant qu'à s'amuser, qu'un honnête homme comme lui pouvait l'aimer avec emportement, de toutes ses forces, presque sans bornes, mais en respectant encore celle qui portait son nom, la mère de ses enfants, la femme qui lui avait donné tant de preuves de dévouement et de tendresse.
Sur ce point, il fut inébranlable.
Il lutta pour l'honneur avec énergie.