III
Denise Châtenay avait alors quinze ans de moins que sa sœur, avec laquelle elle forme un contraste frappant.
Hélène était rondelette, largement épanouie, très brune.
Denise mince, élancée, très blonde.
Hélène était sérieuse, tendre, contemplative.
Denise pleine d'entrain, d'une gaieté exubérante, aimant le plaisir, les fêtes, les chasses derrière les meutes hurlant à pleine voix, les cavalcades.
Hélène était simplement mise, tout en ayant un soin extrême—nous dirions excessif—de sa personne, s'il pouvait y avoir excès dans l'entretien de cet objet de luxe qui se nomme la femme.
Denise était mondaine dans sa toilette; elle ne dédaignait pas d'affecter un certain amour des belles choses, et sa nature l'emportait, comme les ailes d'un oiseau, vers ce centre de plaisirs et de somptuosités qui s'appelle Paris.
Elle l'aimait de toute l'ardeur de sa jeunesse, de toute la vivacité d'un sang généreux, de son énergie de fer cachée sous les formes délicates et grêles en apparence d'une blonde que dans son adolescence les princes de la science taxaient d'anémie—cette maladie à la mode—et qu'ils avaient exilée à la campagne.