—C’est pourtant un jeune homme agréable, laborieux, modeste; je le connais intimement, et j’avais espéré...
—Son roman est mauvais et obtient du succès; Goëmon est condamné.
—Est-ce votre dernier mot?
—Parbleu!
—Alors, tant pis pour vous! dit l’ami.
—Qu’entendez-vous par ces mots? demande le grand critique étonné.
—J’entends que M. Goëmon est décidé à vous rendre la pareille; il a ses entrées dans plusieurs journaux, et il peut vous faire un fort ridicule parti. Vous avez l’épiderme sensible, à ce que je crois me rappeler?
—Je l’avoue; je n’ai jamais pardonné à M. de Chateaubriand de m’avoir traité en petit garçon; et Balzac est rayé pour moi du nombre des vivants depuis quelques plaisanteries malséantes.
—Goëmon ne vous épargnera guère.
—Bon! menaces d’enfant! quelles sont ses armes?