»Tu le vois, nous ne sommes pas nées sous une bonne étoile, maman. Du reste, cette chère Céline n’a pas de rancune; et même, en portant la main à sa pauvre petite tête et en se plaignant, elle me parle de son papa, qu’elle trouve bien beau et bien habillé. Ah! si elle l’avait connu il y a six ans! il était bien plus beau encore. Quelquefois je me demande si je n’ai pas eu des torts envers lui, mais je ne trouve rien. Que Dieu lui pardonne!
»Mercredi, je ferai tout mon possible pour t’envoyer sept francs par la poste; tâche que cela te conduise jusqu’à la fin du mois. Voici l’hiver, où tout va doubler: il va falloir de la chandelle et du feu. Mes meubles sont restés rue des Barres-Saint-Paul, en garantie des deux derniers termes; je les retirerai en donnant des à-compte, à tant par mois. La petite couche par terre, ce qui n’est pas bon pour elle. Enfin, il ne faut pas se désespérer.
»Je ferme ma lettre en t’embrassant de tout mon cœur, et Céline aussi, qui fait sa prière chaque soir pour sa grand’mère.
»Ta fille dévouée,
»Louise Cheneau.
»A présent, rue des Moineaux, 1; adresse tes lettres à M. Vidry, marchand de charbon, pour remettre à Madame Cheneau.»