[ [2] Une figure nouvelle est pleine de charme, parce qu'elle donne à l'idée un point de vue nouveau. Une figure rebattue, devenue lieu commun, n'est plus que le froid équivalent du sens propre. On doit donc éviter de prodiguer les figures dans une Langue usée. Elles ne présentent plus qu'un faste insipide de paroles et de tours. Le style purement descriptif sera dès-lors préférable au style figuré, parce que le sens figuré avait fait oublier quelque temps le sens propre, et que celui-ci paraît nouveau. L'aurore aux doigts de roses, qui ouvre les barrières du matin, et dont les pleurs roulent en perles humides sur toutes les fleurs, offre sans doute une image heureuse et brillante; mais on produira beaucoup plus d'effet aujourd'hui en peignant le soleil à son lever, rougissant d'une lueur encore incertaine le sommet des hautes montagnes, les vapeurs de la plaine qui se dissipent, les contours de l'horizon qui se dessinent sur le ciel éclairci, et les fleurs qui se penchent sous le poids de la rosée.

[ [3] C'est l'opinion de M. de Roujoux. Dom Lepelletier écrit coric qui signifie petit nain. On pourrait penser que gawric est fait de gawr dans son sens le plus ordinaire, élevé, supérieur, et désigne très-bien alors les intelligences secondaires, les génies et les fées, Gawric, petite puissance, ou bien il est tiré de gour ou gwr qui s'est dit pour, homme, et signifie alors avec le diminutif un petit homme, un nain, comme on représentait les êtres surnaturels dont il s'agit.

[ [4] Il y en a beaucoup d'exemples dans le latin.

Il serait sans doute ridicule d'avancer que la construction de ces mots compliqués n'a eu d'autre base que l'initiale. Rien n'est plus facile que de remonter à leurs racines naturelles, desquelles disparaîtrait cette lettre, qu'on peut regarder comme très-moderne relativement aux temps et au langage primitifs. Mais il serait plus absurde de dire qu'elle a été attachée à ces expressions sans motif, et je pose en principe que le motif qui en a déterminé l'emploi, c'est son caractère, son esprit, l'idée d'avidité qu'elle réveille toutes les fois qu'on l'aspire. Les caprices de la prononciation et de l'écriture ont pu la transporter dans d'autres mots auxquels elle n'a point donné ce sens; mais ces mots seront en très-petite quantité, et les exceptions ne prouvent pas plus ici qu'ailleurs.

[ [5] Comme le son caractéristique de cette expression est un des plus communs et des plus intéressans de la nature, puisqu'il sert à exprimer le bruit des corps dans leur mode de déplacement le plus ordinaire, je le prendrai pour exemple de ces grandes générations de mots que je n'ai fait qu'indiquer à d'autres articles, et qui auraient surchargé cet ouvrage de trop de détails inutiles. C'est M. Court de Gébelin qui me fournira le tableau des termes dont celui-ci est le type.

Rouage, Rouer.

Rouet, instrument à roue.

Rouelle, tranche coupée en rond.

Rotule, en latin rotula, os cartilagineux, large et rond qui forme le mouvement du genou.