ONOMATOPÉES FRANÇAISES.

A

* [AARBRER]. Se cabrer. Terme de Manége, qui se dit des chevaux qui se dressent sur les pieds de derrière quand on leur tire trop la bride.

Ce mot, plus énergique que celui qui nous est resté, et dont la double voyelle rend la construction plus imitative, est depuis long-temps hors d'usage. On le trouve dans le vieux roman de Perceval.

[ABOI], ABOIEMENT, ABOIER. En vieux langage, Abai.

C'est une des Onomatopées qui expriment le cri du chien. Quelques Étymologistes dérivent ce mot de ad baubare, forme de baubare, que les Latins ont dit, ainsi que boare. Ces mots eux-mêmes sont des Onomatopées.

On peut présumer, au reste, que les Grecs de la colonie de Massilia introduisirent dans les Gaules le mot bauzein, moins expressif qu'aboier, mais dont celui-ci doit être fait.

Dans les Langues Canadiennes, un chien s'appelle gagnenou, autre Onomatopée qui a beaucoup de rapport avec le canis des Latins.

Aboiement, est plus d'usage qu'aboi, qui ne s'emploie plus guère qu'au figuré. Un de nos poètes dit cependant en parlant du chien:

De ton champêtre enclos, sentinelle assidue,
A toute heure, en tous sens, il parcourt l'étendue:
Quelquefois en silence, il rôde; et quelquefois
La forêt s'épouvante au bruit de ses abois.