[ACHOPPEMENT]. Ce mot qui était une Onomatopée faite du bruit d'un corps qui en heurte un autre, ne s'emploie plus au sens propre. On ne s'en sert même que dans cette façon proverbiale de parler: une pierre d'achoppement, pour dire, Un obstacle inattendu.

Chopper, est presque tout-à-fait hors d'usage.

[AFFRES]. Il ne se dit guères qu'au pluriel. C'est un grand effroi, une émotion extrême, causée par quelque terrible vision. L'Onomatopée exprime le frémissement qu'excitent l'épouvante et l'horreur. On a donc eu tort de dériver ce mot du latin affari ou du grec phren et afronos, comme Voltaire, qui regrette d'ailleurs qu'on ne l'emploie pas plus souvent.

Pourquoi ne dirait-on pas les affres de la mort que l'Académie autorise? Il n'y a rien qui puisse mieux représenter les frissons de l'agonie. D'affres, on a fait

Affreux, qui se dit des objets qu'on ne peut voir sans éprouver un sentiment de crainte ou d'aversion.

[AGACEMENT, AGACER]. Du son dont on se sert pour irriter ou agacer les animaux, ou bien du bruit que produit sous les dents un fruit acide, ou un fruit qui n'est point à sa maturité, et dont l'effet est d'agacer les dents.

On a dit assez hardiment, au style figuré, les agaceries d'une coquette, des regards, des propos agaçans, des manières agaçantes.

Ménage a très-bien dérivé ce mot du latin acaciare, qui a la même racine. Il aurait pu remonter jusqu'au grec où elle se trouve également. On disait hegaçç en celtique.

[AGOUTI]. C'est un quadrupède des Antilles, qui a beaucoup de rapport avec le lièvre. Son nom est formé d'après son cri qu'on exprime à-peu-près par le mot couy. M. de Buffon compare ce cri au grognement du cochon.

Pison et Marcgrave disent qu'au Brésil on appelle cet animal cotia. Souchu de Rennefort l'appelle couti, dont on a fait acouti et agouti.