Voilà l'étymologie de Nicod consacrée par deux vers de Molière.

[BÂILLEMENT, BÂILLER]. De l'action d'ouvrir involontairement la bouche dans le sommeil ou dans l'ennui.

Observez que la première syllabe de ce mot est longue, et qu'autrefois on disait baailler et baaillement, ce qui donnait plus d'expression à l'Onomatopée.

En latin, hiare, hiatus; en italien, sbadigliare, sbadigliamento.

Béer, ou plutôt, Bayer, mot fait pour peindre une curiosité vaine et un peu niaise, qui se manifeste par la même émission vocale et par la même figuration de la bouche, appartiennent à la même racine. Bayer aux corneilles, est une expression proverbiale assez en usage dans notre langue. On lit dans un de nos plus anciens dictionnaires: bayer à la mamelle, appetere mammam. «C'est proprement ouvrir la bouche, mais parce que quand plusieurs regardent par grande affection quelque chose, ils ouvrent la bouche; de là est que bayer signifie aucunes fois autant que regarder».

Bah, est un mot factice ou artificiel qui échappe aux gens étonnés. De là

Badaud, homme simple et sans expérience, qui s'étonne de tout,

S'ébahir, être ébahi, termes attachés au même sens. S'il est vrai qu'ils remontent à l'hébreu Schebasch, comme l'ont prétendu les Etymologistes, c'est que celui-ci a été fait sur le son commun, et n'a pas d'autre type naturel.

[BARBOTER]. Ce mot, dit Ménage, est formé du bruit que font les cannes quand elles cherchent dans la boue de quoi manger, et on appelle de là barboteur, un canard privé. Barboter en cette signification semble être une Onomatopée.

[Baret]. On emploie presqu'indistinctement baret, barret, ou barri. C'est le cri de l'éléphant. On appelait autrefois l'éléphant barre aux Indes orientales. En latin, on l'appelle barrus, et son cri barritus.