Nous avons perdu ce mot.
[BEFFROI]. Espèce de tocsin. «Quasi bée effroi, dit Nicod, car il est expressément fait pour béer et regarder, ou faire le guet en temps soupçonneux, et pour sonner à l'effroi».
Il est à remarquer cependant qu'un instrument d'airain creux et sonore s'appelait bel en breton, et que de là peuvent venir l'anglais belfry et le français beffroi.
[BÊLEMENT, BÊLER]. On disait beaucoup mieux autrefois béellement, béeller. Onomatopée du cri du mouton. Elle est parfaitement naturelle, et Pasquier la préfère avec raison au balare des Latins.
Bégayement, Bégayer, ont été pris de la même racine, parce que le défaut de prononciation que ces mots désignent consiste à répéter souvent le même son avec des inflexions tremblantes, comme les animaux bêlans.
[BELIER]. Le nom de cet animal est certainement formé d'après son cri, d'après son bêlement. Il est donc ridicule de l'avoir cherché dans vellus qui signifie toison; dans bahal, hebreu, qui est notre mot Seigneur ou chef, parce que le belier est le maître du troupeau.
Le belier, colonel de la laineuse troupe,
dit Ronsard; et dans Jobel, autre terme de la même langue, qui était un des noms de ce quadrupède.
Belin, est l'ancien nom du belier. On le dit encore en certains lieux, des agneaux, et il s'est conservé long-tems au figuré où il signifiait doucereux. C'est un nom d'amitié, que l'on donne aux enfans, mon belin, ma beline; on a employé beliner, faire le doucereux, dans quelques occasions, et Rabelais l'a étendu à des acceptions très-variées. Il est absolument hors d'usage.
[BEUGLEMENT, BEUGLER]. Cri du taureau, du bœuf, de la vache, mugir comme les taureaux.