Ils prennent la cresselle, et par d'heureux efforts
Du lugubre instrument font crier les ressorts.

[CREX]. Cri sinistre et fréquent d'un oiseau qui en a pris son nom.

[CRI, CRIER]. Je ne prends point ces mots comme imitatifs de la voix humaine ou de celle des animaux, mais comme des Onomatopées d'un bruit purement mécanique qui résulte du frottement ou du brisement des corps. On se rappelle le superbe hémistiche du récit de Théramène:

L'essieu crie et se rompt.

M. Lalanne a fait un heureux emploi du même mot dans ces vers du poème intitulé Les Oiseaux de la Ferme:

Qu'elle est lente à leur gré, qu'ils la trouvent tardive,
La main qui se refuse à leur ardeur captive!
Le doux bruit du loquet, long-temps importuné,
Vient enfin réjouir l'essaim emprisonné.
Un verrou reste encor, qui, trois fois indocile,
Trois fois tourne, en criant, sur la porte immobile.

Criailler, Criaillerie, Criailleur, sont faits du même son radical que les précédens, et alongés d'une syllabe très-ouverte, pour peindre la continuité fatigante d'un babil disputeur et hargneux.

Délivrez-moi, Monsieur, de la criaillerie,
Et daignez accomplir votre ordre, je vous prie.

Notre bon Montaigne est, je crois, un des premiers qui aient fait usage de ce mot. «La criaillerie, quand elle nous est ordinaire, passe en usage, et fait que chascun la méprise. Celle que vous employez contre un serviteur pour un larcin ne se sent point, d'autant que c'est celle mesme qu'il vous a vu employer cent fois contre luy, pour un verre mal rincé, ou pour avoir mal assis une escabelle».

Criocère, est le nom que les Entomologistes français ont donné à une famille d'insectes dont on trouve des espèces sur le lys et sur l'asperge, et qui est remarquable par la propriété qu'ont les petits animaux qui la composent de produire un cri assez aigu, au moyen du frottement de leur corselet contre l'origine des étuis.