Il est presqu'inutile de dire que nos mots conspuer et pituite sont formés d'après cette dernière espèce de son.

Cracher, s'exprime en arabe par le mot ghak, et en hébreu par les mots racac et iarac, qui sont encore des Onomatopées.

[CRAN]. Incision ou entaille faite sur un corps dur. En celtique, cran, en latin, crena.

Ecran, meuble qui glisse sur des crans.

[CRAQUEMENT, CRAQUER]. Du bruit que font des corps secs et durs qui se brisent.

Letourneur dit dans sa traduction du Jugement dernier d'Young: «Avez-vous entendu ce craquement effroyable dont tout le globe a retenti dans sa profondeur? C'est le fracas de l'Olympe et de l'Atlas tombans». Ce passage est d'une belle harmonie.

* Craqueter s'est dit quelquefois au sujet d'une matière pétillante et très-sèche qui éclate au feu, comme le sel ordinaire et les feuilles des arbres résineux. Il n'est point à dédaigner dans ce sens. Le poète Théophile en a fait un mauvais usage, quand il a dit qu'on entendait craqueter le tonnerre. Le signe est trop petit pour l'idée.

On ne se sert plus de criquer et de criqueter qui se prenaient autrefois dans un sens analogue. Les herbes sèches criquent, dit Nicod. Herbæ aridæ rixantur. Criqueter, digitis concrepare.

[CRESSELLE, CRECELLE, ou CRÉCERELLE]. C'est un instrument de bois en usage dans quelques solennités, qui bruit aigrement en tournant sur des crans durs et serrés. On a cherché par-tout l'étymologie de son nom, excepté dans le bruit qu'il produit, et dont elle est certainement tirée.

Ce mot n'est point étranger à la poésie, et Boileau s'en est agréablement servi dans ces vers imitatifs du Lutrin: