[FRÔLER], pour, friser, effleurer un corps.

Frôler une robe de taffetas, c'est la faire crier en passant. Frôlement, pour représenter ce bruit, est un mot pittoresque et vrai, mais hasardé.

Freler, qui est de cette famille, s'emploie dans la Langue du peuple, en parlant d'une matière de peu de consistance, comme les cheveux et la barbe, ou le poil, la laine et les plumes des animaux, qui, à peine frôlés ou effleurés par le feu, se retirent en rendant un son faible et rapide dont ce verbe paraît formé.

[FRONDE]. Une corde qui sert à lancer les pierres avec violence, à les faire déchirer l'air avec bruit et de manière à ce qu'elles en tirent un frémissement long, retentissant et sonore, dont on peut exprimer l'effet par le mot qui fait le sujet de cet article.

Les Grecs ont dit sphendoné, les Latins funda, les Italiens fromba, fronda et frondola. L'e muet qui termine sourdement cette Onomatopée dans notre Langue, et qui figure la désinence d'un bruit mourant, la rend préférable à toutes les autres. J'en excepte cependant l'énergique sling des Anglais, qui est le terme le plus pittoresque que l'on ait attaché à cette idée.

Dans le pays de Léon, fromm exprime le bruit que fait une pierre jetée avec une fronde. Fromm a-ra ar-maen, la pierre bruit. C'est le rombo des Italiens, et le bromos des Grecs.

[FROTTEMENT, FROTTER]. Le son radical de ces mots est propre, comme on peut le voir, à tous les froissemens, à tous les frémissemens de la nature; il convient également pour exprimer l'action que ces termes figurent, et il rappelle très-bien le bruit dont elle est ordinairement accompagnée.

[FROUER]. Un soufflement tremblotant de la chouette a servi de type à cette Onomatopée, qui est d'usage parmi les chasseurs pour indiquer l'action de siffler à la pipée, ce qui se fait communément en plaçant entre les lèvres une feuille ployée qui étouffe le son, et qui le module.

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[GALOP, GALOPER]. Nicod conjecture très-plausiblement que ces mots sont faits par Onomatopée du bruit des chevaux qui galopent; mais je ne saurais convenir avec lui et avec certains Etymologistes qui ont partagé son opinion, que le mot haquenée ait été immédiatement formé sur une racine naturelle de la même espèce. Le haca des Castillans, et le faca des Aragonais dont on le fait dériver, descendent probablement comme lui du latin equus, qui a produit equina, et en vieux français haquet et haquenée. Coquillard a dit: