[GRIGNOTER]. Ce mot se dit bassement de l'action de ronger lentement et avec quelque effort un aliment dur. De là,

Grignon, morceau de pain sec et très-cuit, qui crie sous la dent.

Il est rare de voir employer grignoter à propos de mets doux et pulpeux, comme dans cet exemple qui est tiré de M. de Parny:

Une source dans ton verger
Jaillit avec un doux murmure,
Et son eau bienfaisante et pure
Te désaltère sans danger.
La faim te presse et te fatigue?
De ton figuier mange le fruit,
Et ne va pas durant la nuit
Du voisin grignoter la figue.

Cet exemple pourrait prouver aussi que le talent a le privilége de tout ennoblir, mais je ne crois pas que personne se hasarde à en renouveler l'essai sur cette expression, assez justement dédaignée.

Gruger, qui se prend dans le même sens, en est un augmentatif.

[GRILLON]. Du petit tintement argentin qui caractérise cet insecte, et que les Entomologistes croient provenir de deux membranes, tendues en forme de tymbales, qu'il frappe vivement et presque sans relâche.

Le grillon s'est nommé grillos en grec, grillus en latin, en espagnol et en italien grillo, en allemand grille, et en anglais criket.

Les Méthodistes français ont transporté ce dernier nom imitatif à une autre espèce de coléoptères qui a beaucoup de rapports avec la sauterelle, mais qui ne se fait remarquer par aucun bruit naturel que cette Onomatopée puisse désigner.

[GRINCEMENT, GRINCER]. Du frottement convulsif et bruyant des dents, qui se fait entendre dans la douleur, la colère, la rage et le désespoir.