Les Allemands ont greinen, et les Italiens digrignare.
Le trismos des Grecs, qui a tant d'analogie avec notre mot crissement, est une belle Onomatopée. Ils disaient aussi grusein, pour, pousser des cris de douleur, des cris accompagnés de grincemens.
Dans la belle description du Jugement dernier, qui se lit dans une des tragédies de Schiller, les réprouvés sont peints grinçant leurs dents, et les faisant bruire comme des dents de fer.
L'Evangile désigne en ces mots l'enfer et les tourmens des damnés. Ibi erit fletus et stridor dentium. Là seront les pleurs et les grincemens de dents.
[GRIVE]. M. de Buffon, en peignant le plumage de cet oiseau, dit que ce mot grivelé qu'on emploie ordinairement pour donner une idée de la variété de ses nuances, est visiblement formé du mot grive, qui l'est lui-même du cri de la plupart des oiseaux de ce genre.
Ménage aperçoit l'Onomatopée dans le mot grive, et cependant il aime mieux la faire venir de son dérivé grivelé. L'opinion de M. de Buffon n'en est pas moins incontestable.
[GROGNEMENT, GROGNER, GROGNEUR]. Ces expressions sont faites du cri du pourceau, et ont des équivalents de même construction dans la plupart des idiomes connus.
En grec grullé, grullismos; et le porc, grullos; en latin grunnitus, grunnire.
* Grognard, Grognon, ne se disent point, quoique usités familièrement par des Écrivains recommandables. Jean-Jacques Rousseau, en racontant une espiéglerie qu'il fit dans son enfance à une nommée madame Clot, ajoute que ce souvenir le fait encore rire, parce que cette voisine, bonne femme au demeurant, était bien la vieille la plus grognon qu'il eût connue de sa vie.
[GROMMELER]. Ce mot a rapport à l'action de gronder sourdement et entre les dents. Il est fait d'un certain grognement des chiens hargneux.