Grumeler, s'est pris dans le même sens en vieux langage, comme dans ces vers de la farce de Gringore:

Je me dis mère sainte église,
Je veux bien qu'un chacun le note
Je mauldis, anathématise;
Mais sous l'habit pour ma devise
Porte l'habit de mere sote,
Bien scay qu'on dit que je radote,
Et que suis folle en ma vieillesse;
Mais grumeler vueil à ma porte
Mon fils le prince en telle sorte
Qu'il diminue sa foiblesse.

[GRONDEMENT, GRONDER, GRONDERIE, GRONDEUR]. La racine de ces mots est prise dans un murmure plus noble que celle des précédens, et on les admet dans un style plus élevé.

Le substantif gronderie ayant été créé pour un usage figuré, j'ai cru pouvoir hasarder grondement qui me paraît indispensable pour représenter le bruit de la foudre, et celui d'une mer lointaine.

[GROIN]. Du cri ordinaire du porc.

Voltaire regrette qu'on ait perdu le vieux verbe grouiner, qui exprimait le même bruit.

[GRUAU]. Du bruit d'un grain que le moulin rompt et concasse.

[GRUE]. Cet oiseau, dont le nom est formé d'après son cri, est le ghéranos des Grecs, et le grus des Latins. Les Italiens l'appellent gru et grua, les Espagnols grulla et gruz, les Allemands krane et kranich, les Anglais crane, les Anglo-Saxons crane ou croene, les Suisses krie, les Suédois trana, les Danois trane, les Illyriens gerzab; en Gallois, c'est garan, et en Celtique, gru. Bochart pense que c'est l'agur de Jérémie; et la ressemblance de ce nom avec presque tous les noms de la grue, semble confirmer cette idée, quoiqu'il soit exprimé autrement dans la Vulgate.

L'excellent traducteur Legros a partagé l'opinion de Bochart. «La cicogne, dit-il, connaît dans le ciel quand son temps est venu. La tourterelle, l'hirondelle et la grue savent discerner la saison de leur passage, mais mon peuple n'a point connu le temps du jugement du Seigneur».

Une observation pleine d'intérêt, et qui prouve que les articulations de la voix de la grue ont toujours passé pour avoir quelques rapports avec celle de la voix humaine, c'est que les Commentateurs pensent que si certains Poètes ont appelé cet oiseau l'oiseau de Palamède, cela vient de ce qu'outre l'ordre de bataille et le mot du guet, Palamède en avait appris quatre lettres grecques.