* [GRULLER]. M. Court de Gébelin prend cette mauvaise expression dans deux sens sous lesquels il la trouve également imitative. Dans le premier, elle signifie trembler de froid; dans le second, ébranler un arbre pour en faire tomber les fruits. Il est vrai que le peuple l'emploie ainsi, mais elle n'était pas digne d'être francisée. Sous le premier de ces rapports, elle n'est que l'augmentatif ou la contraction du verbe grelotter; sous le second, elle n'est que le verbe crouler, corrompu.

Crolement ou Grolement, se dit aussi très bassement d'un tremblement spasmodique de la tête, qui a lieu chez les vieillards et chez ceux qui sont sujets aux affections nerveuses. Ce terme me semble fait du même verbe gruller sous sa seconde acception, parce que ce tremblement ressemble à celui d'un arbre agité, dont la tige vibre long-temps.

[GUÊPE]. Du latin vespa, écrit, selon ses premières racines, avec la voyelle ou initiale, remplacée successivement, comme cela se remarque dans les Langues, par la dento-labiale v, et la gutturale g, si sujettes à se confondre. Le son typique était l'Onomatopée du vol bruyant de la guêpe.

* [GUIORER]. Terme inusité qui est fait du cri naturel de la souris.

Davies rapporte gwichio, strepere. Selon quelques Savans, gwicha s'est dit en Langue celtique pour, se plaindre à la manière des petits oiseaux. Gwigoura, c'est faire un petit bruit comme une porte qui roule sur des gonds rouillés. Ces bruits ont rapport à celui que ce mot représente, et sont exprimés d'une manière assez semblable.

H

[HACHE]. On a cherché fort loin l'étymologie de ce mot. Elle est dans le son naturel, dans l'aspiration forte et profonde, dans l'ahan pénible qui marque les efforts d'un bucheron.

L'initiale h, si nulle dans la plupart des mots, est singulièrement caractéristique lorsqu'elle est aspirée, et les Onomatopées qui expriment les divers accidens de la respiration de l'homme, lui sont, presque toutes, redevables de leur énergie.

* [HAHALIS]. De hahé, cri de chasse, dont on se sert pour arrêter les chiens qui prennent le change ou qui s'emportent trop, ou bien de l'éclat tumultueux de la voix des chasseurs, et des retentissemens de l'écho, on a composé cette expression, d'ailleurs peu connue et restreinte dans son usage, à l'acception pour laquelle elle a été inventée.

[HALETER]. Je ne m'attacherai point à démontrer que le mot haleine et certains autres qui en dépendent, sont faits par Onomatopée de l'émission de l'air dans l'acte de la respiration. Cela me paraît bien établi, et je n'aurais point rejeté ces expressions, s'il n'avait pas été de mon projet de réunir seulement celles qui conservent un caractère d'imitation évident, sans m'occuper de celles qui l'ont perdu, et dans lesquelles le son radical se cache parmi des sons étrangers.