Les Latins ont anguis, qui a la même désinence sifflante, et de plus seps et serpens; les Italiens serpente, biscia; les Espagnols sierpe; les Anglais serpent et snake.

On appelle bysse en science héraldique, des serpens et des couleuvres. C'est l'ancien nom français de ces reptiles. Celui par lequel nous désignons actuellement le serpent, est une Onomatopée sans vivacité et sans harmonie, dont je n'ai pas cru devoir faire un article à part, mais dont les analogues curieux me paraissent assez bien placés dans celui-ci.

[SILLON, SILLONNER]. Du bruit d'un corps qui en effleure légèrement un autre sur un long espace. De là,

Sillage, qui est la trace d'un vaisseau sur la mer, quand il ne fait qu'y glisser doucement.

[SIPHON]. «Ce sont, dit un vieux commentateur de Rabelais, ces canaux et tuyaux ès-fontaines qui jettent l'eau, et par le moyen et force de l'air qui les presse, rendent un son et sifflement d'où ils ont pris leur nom».

[SOUFFLER]. Nous avons vu tout-à-l'heure au mot siffler une Onomatopée construite d'après le bruit de l'air chassé à travers un canal étroit. Celle-ci est formée sur l'émission libre de l'air poussé hors d'un canal de grandeur suffisante, avec un bruit mousse et sans éclat.

Les dérivés nombreux de cette expression ne peuvent échapper à personne.

[SOURDRE]. Sortir, jaillir, s'écouler par une fente de la terre ou du creux d'un rocher.

L'étymologie de ce mot a été rapportée avec raison au surgere des Latins, qui avait le même sens.

Medio de fonte leporum
Surgit, amari aliquid, quod in ipsis floribus angit.