C'est le saugen des Allemands, le sycan, le sugan, le succan, le sucian des Anglo-Saxons et de la Langue franque; le zuigen des Flamands, le suck des Anglais, le suga des Suédois, le succhiare des Italiens.

Skinner rapporte toutes ces étymologies au vieux Sarmate cic, qui signifiait mammelle, et dont le type naturel est le même.

Suc, c'est la substance qu'on extrait des corps par la succion.

Sucre, est le nom d'une production végétale qu'on tire des fruits par le même procédé. Les Italiens qui ont aussi reconnu cette analogie, appellent le sucre zucchero, et les Arabes sucar.

* [SUSURRATION, SUSURRE, SUSURREMENT, SUSURRER]. Je hasarde ici ces trois substantifs et ce verbe qui sont peut-être des latinismes assez heureux, pour exprimer le frémissement des feuillages et le murmure des roseaux émus par le vent. Nous n'avons pour rendre ces idées que des mots trop généraux et des images trop vagues.

Un de nos Lexicographes dit susurre, qui est construit sur le mot murmure avec lequel il a tant de rapports. Susurration est plus conforme au type latin, et susurrement à l'esprit de notre Langue; mais il n'est donné qu'à nos bons Ecrivains de consacrer ces expressions agréables, et d'en fixer l'emploi.

T

[TACT]. Le mot factice tac fut inventé pour exprimer le bruit des corps durs et secs qui frappent les uns sur les autres.

Tic tac, eut une signification analogue, et marqua un battement, un mouvement réitéré, comme celui d'un marteau qui frappe, d'un balancier d'horloge, des pulsations du sang et des palpitations du cœur. Regnier l'emploie pour représenter les coups que se donnent dans leur lutte grossière les personnages de son souper ridicule:

Ainsi ces gens à se piquer ardens
S'en vinrent du parler à tic tac, torche lorgne;
Qui casse le museau, qui son rival éborgne;
Qui jette un pain, un plat, une assiette, un couteau,
Qui pour une rondache, empoigne un escabeau.